Contre la corrida !

Jusqu’à ce que toutes les arènes soient vides !

 

Sous couvert de tradition, la corrida est une barbarie machiste et un spectacle atroce autour de la souffrance de taureaux.
 
Nous vous appelons tou-te-s à prendre fermement position contre la corrida qui justifie la pensée spéciste et tente inlassablement de nous imposer l’idée que les animaux non-humains sont présent sur terre afin de nous servir.
 
Comme auparavant avec les combats de gladiateurs, le socle de ce type de « spectacle » n’est pas autre chose que la mise en perspective d’un voyeurisme proprement humain. Ce plaisir indécent qui consiste à valider par un acte payant la mise en scène de la souffrance « de l’autre ». Cela révèle un certain totalitarisme humain, une domination absolue et aveugle de notre espèce au détriment des autres.
 
La corrida est une des formes de violences les plus visibles faites aux animaux, mais malheureusement pas la seule. Il faut remettre en cause l’exploitation animale dans son intégralité, non pas de manière parcellaire mais totale. Les animaux sont torturés et tués tous les jours pour l’alimentation, l’habillement, les tests effectués pour les médicaments, les cosmétiques et les produits d’entretien…
 
La corrida et l’exploitation des animaux non humains,
ni au Pays Basque, ni ailleurs !

 
 
Voici ci-dessous les réponses aux quelques arguments récurrents des pro-corrida :

 

1/ Le taureau ne souffre pas et « ce n’est qu’un animal »

Certains croient encore que les taureaux seraient dépourvus de système nerveux. L’éthologie a depuis longtemps intégré le fait que l’immense majorité des mammifères souffrent aux niveaux physiologique (dommages physiques), neurologique (douleurs) et psychologique (stress). Beaucoup d’animaux sont d’ailleurs conscients d’eux-mêmes, ont des émotions, un langage, savent se projeter dans le temps…
 
Ce genre de raisonnement montre en plus que ces personnes sont totalement déconnectées de leur écosystème. Nous ne sommes pas des animaux ? Ne ressentons pas nous même la douleur ?
 
 

2/ Les abolitionnistes feraient mieux de se préoccuper de la faim dans le monde

Que faut-il comprendre ? Que le fait que des humain-e-s meurent de faim autorise à torturer des animaux ? Ne peut-on pas mener plusieurs combats à la fois ?
 
Appliquons cet argument aussi aux aficionado-a-s : plutôt que de gaspiller des sommes folles à torturer un animal, les aficionado-a-s et les toreros feraient mieux de se préoccuper de ceux qui meurent de faim….
 
 

3/ Ceux qui condamnent la corrida n’y connaissent rien

D’abord non, beaucoup d’abolitionnistes finissent par s’y connaître bien plus que l’aficionado-a moyen-ne et il n’y a pas besoin de connaître dans le détail une pratique pour la condamner dans sa globalité.
 
Pas besoin de connaître le fonctionnement d’une centrale nucléaire dans le détail pour s’y opposer sur la base d’arguments simples : en multipliant la probabilité du risque par sa gravité et en réfutant la doctrine consumériste qui ne veut pas envisager la moindre baisse de consommation énergétique par exemple.
 
 

4/ Les aficionado-a-s aiment les taureaux et sont des gens comme tout le monde

Le fait d’aimer ou d’être respectable ne donne pas le droit de torturer et de tuer.
 
Peu importe qu’elles-ils aiment ou haïssent le taureau, qu’ils-elles soient des psychopathes, ou M. ou Mme Toutlemonde. Ce qui est en cause, c’est la torture d’un animal, pas l’« amour », l’émerveillement, l’idiotie ou l’indifférence des spectateurs-trices à la souffrance.
 
On peut d’ailleurs trouver beaucoup de pratiques où les bourreaux déclarent leur amour à leurs victimes, il y a sûrement des dynamiques psychologiques intéressantes, mais ce n’est pas le problème.
 
 

5/ La corrida est un art et une tradition

Les jeux du cirque romain, les sacrifices Aztèques étaient également des traditions etc. Doit-on pour autant se battre pour restaurer ces traditions ?
 
Très souvent d’ailleurs, les pires atrocités sont commises dans des habits officiels (costumes des cérémonies sacrificielles, des banquiers de Goldman Sachs ou les uniformes des armées nazies…).
 
Par conséquent, dans un débat éthique, l’argument de la tradition (« on l’a toujours fait donc c’est bien ») ou de l’art (« c’est beau donc c’est bien ») est complètement inapproprié, il peut permettre de comprendre une situation mais en aucun cas de la justifier.
 
 

6/ Si l’on n’aime pas ce spectacle, il n’y a qu’à ne pas y aller

J’espère que nous ne sommes pas les seul-e-s à rester dubitatif-ve-s devant ce genre d’« argument ». Le problème n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer un spectacle, le problème ce sont ses conséquences, ici de torturer un animal.
 
Si les premier-e-s anti-esclavagistes s’étaient contenté-e-s de respecter l’ « opinion » des esclavagistes en n’ayant pas d’esclaves et en n’achetant que des objets certifiés sans servitude, il n’y aurait sans doute pas eu d’abolition…
 
 

7/ Il faut du courage pour affronter un taureau

Le fait qu’un acte soit courageux n’est pas une mesure éthique de cet acte.

Durant une corrida, si le taureau a le malheur de prendre le dessus ou d’oser s’échapper, une armée de tortionnaires se charge immédiatement de lui rappeler son destin de sacrifié en remettant le torero en selle ou en appelant les flics pour qu’ils viennent achever le fuyard à coup de pistolet… La corrida n’est pas un combat, c’est une mise à mort.
 
 

8/ Les taureaux survivent grâce à la corrida et leur élevage nécessite de grands espaces protégés

Les toros bravo (taureaux dit de combat) sont en effet une race « artificielle » maintenue en vie pour le bon plaisir des aficionado-a-s. La coûteuse passion de ces derniers occasionne une chose en effet : pour élever les taureaux, il faut de grands espaces quasi sauvages.
 
Toutefois, il s’agit d’une « externalité positive », qui n’est pas voulue pour elle-même (grands espaces sauvages préservés) mais pour sa raison d’être (permettre de torturer un animal). Si l’on peut accepter cet argument d’un point de vue pragmatique, il reste faux du point de vue éthique.
 
Peu de gens se plaindraient (à part les aficionado-a-s et quelques promoteurs immobiliers), que les vastes espaces des élevages soient transformés en espace biologique.
 
Concernant la survie du taureau, encore une fois, ce qui est en cause c’est la torture d’un animal, pas la survie d’une espèce « artificielle ». Les taureaux « artificiels », comme les souris blanches de labo ou les saumons Monsanto disparaîtront à terme s’ils-elles ne sont pas renouvelé-e-s de façon artificielle par l’espèce humaine, ce n’est pas un « problème » écologique, puisque souvent, le maintien des espèces artificielles se fait au détriment des espèces sauvages.
L’existence de ces espèces a été créée simplement pour servir l’espèce humaine.
 
De toute façon, ne doutons pas que si la corrida venait à être interdite, les aficionado-a-s n’hésiteraient pas à soutenir des refuges pour préserver l’espèce, par amour du taureau, n’est-ce pas ?
 
 

9/ La corrida ne représente rien par rapport à l’élevage concentrationnaire ou l’expérimentation animale

C’est vrai, il y a autour de 4 000 taureaux sacrifiés par an, si l’on compare ce nombre aux milliards d’animaux abandonnés à leur souffrance et tués dans des camps ou aux millions d’autres torturés en passant des tests…, ça donne le vertige.
 
La remise en cause de la domination totalitaire de l’espèce humaine sur les autres espèces doit être totale.

 
 
Cliquer sur les affiches pour les agrandir.