Hommage aux victimes du camp de Gurs

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Dimanche 13 juillet 2014 à 10h00 nous rendrons hommage aux victimes du camps de Gurs (Béarn). Rendez-vous si vous le souhaitez à 8h30 place Saint-André à Bayonne pour un départ groupé, possibilité de co-voiturage.

 
Pour se rendre au camp de Gurs :
 
-Depuis Bayonne : A64, sortie n°7, direction Oloron
-Depuis Pau : direction Oloron, puis Navarrenx
 
Depuis le Pays Basque sud, il y a également un bus prévu venant de Bilbao. Pour avoir une place dans ce bus voir ici: Sare Antifaxista
 
Partagez svp cet appel et venez nombreuses et nombreux.
 

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Hemen tracta euskaraz.

Tract hommage aux victimes du camp de Gurs

Texte de l’hommage


 
Hommage aux victimes du camp de Gurs

 
La création du camp et les réfugié-e-s de l’État espagnol
 
La création du camp de Gurs est consécutive à la défaite des républicain-e-s des peuples dans l’État espagnol face aux troupes fascistes du Général Franco en mars 1939.
 
Situé sur la lande de Gurs, il sera aménagé en 1 mois-et-demi sur un terrain de 80 hectares, entouré d’une double ceinture de barbelés.
 
Dès avril 1939, le camp sera jugé opérationnel par les autorités de la IIIème République de l’État français.
Avec ses 400 baraques, il pouvait accueillir jusqu’à 20.000 personnes. Le choix du site (situé sur une lande, le camp fut vite envahi par la boue transformant peu à peu le lieu en un véritable marécage), les infrastructures précaires et l’extrême dureté des conditions de détention (70 cm de largeur sont dévolus à chaque interné-e) feront de nombreuses victimes.
 
Les autorités françaises décideront de placer dans ce camp «d’accueil» (qui se révélera être un camp de concentration), des milliers de combattant-e-s de l’armée républicaine des peuples dans l’État espagnol, dont des résistant-e-s basques, des volontaires des brigades internationales, ainsi que toutes les populations fuyant le fascisme.
 
Au total 24.530 réfugié-e-s de l’État espagnol furent prisonnier-ère-s dans le camps de Gurs.
 
Les indésirables
 
A partir de mai 1940, d’autres populations (14.795 personnes) seront également internées dans ce camp par le gouvernement fasciste de Vichy sous le qualificatif «de population indésirable» :
 
– Des Manouches, Gitan-e-s, Rroms, Sintés, Tziganes.
– Des interné-e-s pour délits d’opinion (communistes, anarchistes, Basques…) ou bien plus largement les personnes qui étaient une gêne pour le gouvernement de Vichy.
– Des femmes originaires d’Allemagne et des pays appartenant au Reich.
 
Les Juives-Juifs
 
Le statut des Juives-Juifs promulgué le 3 octobre 1940 aboutira à leur internement massif dès l’automne 1940.
Avec l’arrivée des Juifs au camp à partir d’octobre 1940, le camp de Gurs deviendra le symbole de l’antisémitisme du régime de Vichy. Le gouvernement impérialiste de l’État français y internera de 1940 à 1943, 20.000 juives-juifs. Ce seront, en majorité, des personnes âgées. Près de 800 d’entre eux-elles mourront dans les semaines suivant leur arrivée.
 
Le camp de Gurs sera pour beaucoup d’entre eux-elles la dernière étape avant les camps d’extermination nazis.
 
Entre août 1942 et mars 1943, les plusieurs milliers de Juives-Juifs qui se trouvaient au camp de Gurs furent envoyé-e-s par convois au camp de Drancy, près de Paris, puis au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau où elles-ils furent presque toutes et tous exterminé-e-s.
 
On peut se demander pourquoi les populations juives furent déportées au camp de Gurs, dans le sud de la France ; cette déportation s’inscrivait dans une volonté d’exécution d’un plan nommé : «Plan Madagascar» ; l’île Française avait été choisie par les nazis pour devenir un immense ghetto pour tou-te-s les juives-Juifs d’Europe centrale. Ce plan ne sera jamais réalisé et sera remplacé en 1942 par la «solution finale à la question juive».
 
Fermé le 31 décembre 1945, le site sera radicalement transformé dès 1946 (vente et destruction du site, plantation d’une forêt) afin de jeter ce camp dans l’oubli, un camp qui, rappelons-le, a été conçu, crée et administré par les autorités françaises du premier au dernier jour de son existence.
 
Un devoir de mémoire
 
Il est important de rendre hommage aux victimes du camp de Gurs et de maintenir vivante la mémoire de ce lieu et de ce qui s’y est déroulé. Nous avons toutes et tous l’obligation, génération après génération, de ne pas oublier les actes criminels perpétrés par les régimes réactionnaires, nazis et fascistes. Pour que tout cela ne se renouvelle ni ici, ni ailleurs.
 
Il est d’autant plus important aujourd’hui, où le capitalisme en crise utilise l’extrême droite comme bouclier, de réaffirmer l’importance primordiale de lutter contre le fascisme, la xénophobie, l’antisémitisme et toutes les formes de discriminations.
 
L’histoire nous apprend que les crises capitalistes sont un terreau fertile pour les mouvements prônant la haine de «l’autre», la peur des cultures différentes. Que ce soit sous la forme du nationalisme, du populisme ou simplement d’une tentative de repli sur soi, les pouvoirs en place n’hésitent pas à recycler les idées d’extrême droite dans le but cynique de récupérer des électrices-teurs.
 
C’est pour cela que le devoir de mémoire passe également par la lutte contre ces idées nauséabondes. Celles-ci n’ayant jamais vraiment disparu et resurgissant dès que le manque de mobilisation et la résignation prennent place.
 
N’oublions pas qu’aujourd’hui des populations sont fortement stigmatisées et discriminées, qu’elles subissent de fortes répressions.
 
-Les sans papiers qui meurent en essayant de fuir la misère de leurs pays d’origine en guerre ou de gouvernements fascistes. Si elles-ils parviennent à rejoindre l’Europe, elles-ils sont enfermé-e-s dans des camps de rétention, en attendant d’être expulsé-e-s vers leurs pays d’origine.
 
-Les peuples nomades qualifiés de « gens du voyage », les Rroms, Tziganes… sont stigmatisé-e-s, pourchassé-e-s et expulsé-e-s par les gouvernements de droite comme de gauche, violant le droit fondamental de libre circulation et d’installation. Ces personnes n’ayant d’autre choix que de vivre dans de véritables bidonvilles, livrés à la vindicte de la population les trouvant «nuisibles», «indésirables».
 
-Les militant-e-s progressistes subissant de plein fouet la répression pour s’être opposé-e-s à la violence policière ou à des lois proprement fascistes.
 
Quelques exemples qui devraient nous rappeler que les choses n’ont pas autant évolué que les pouvoirs veulent bien nous le faire croire et que le combat doit continuer afin que l’histoire ne se répète pas inlassablement.

 

Oroimena, duintasuna eta borroka
Memòria, dignitat, luta
Hommage aux victimes du fascisme d’hier et d’aujourd’hui

 
 

Hemen, Euskara textua


 
Gurseko zerrategiko biktimei omenaldia

 
Zerrategiaren eraikitzea eta Espainiako estatuko iheslariak
 
1939ko martxoan, Espainiako estatuko nazio ezberdinetako errepublikarrek tropa faxisten aurka porrota jasan ondotik, Gurseko zerrategiaren eraikitzea hasi zen.
 
Gurseko larreetan kokatua, 80 hektareako lurrean, hilabete eta erdian eraikia izan zen, burdin hari ziztadun hesi bikoitzaz inguratua.
1939ko apiriletik beretik, Frantziako estatuko III. Errepublikako agintariek zerrategia erabilgarria zela erabaki zuten.
400 etxolaz osatua, 20 000 pertsona har zitzakeen. Tokiaren hautaketak (larre batean kokaturik, lohiak zerrategia hartu zuen, poliki-poliki lekua lokazti bilakatuz), azpiegitura prekarioek eta atxilotze baldintza arras gogorrek (espetxeratu bakoitzari 70 zm-ko zabalerako eremua eman zitzaion) biktima anitz eragin zituzten.
 
« Harrera » kanpamendu horretan (kontzentrazio-esparrua izango zena finean), Espainiako estatuko nazio ezberdinetako armada errepublikarreko gudariak preso jarri zituzten frantziar agintariek. Horien artean, euskal erresistenteak, brigada internazionaletako boluntarioak, eta faxismoari ihes egiten zion biztanle oro.
 
Gurseko zerrategian, orotara, Espainiako estatuko 24 530 iheslari atxilotuak izan ziren.
 
Nahi ez direnak
 
1940ko maiatzetik goiti, beste biztanle batzuk (14 795 gizon eta emakume) zerrategira preso sartu zituen Vichy-ko gobernu faxistak. « Nahi ez diren biztanle » gisa izendatuak izan ziren :
 
– Rom herrikoak, ijitoak, buhameak.
– Iritzi delituagatik preso sartutakoak (komunistak, anarchistak, euskaldunak…) edo orokorrean Vichy-ko gobernuarentzat trabagarria zen pertsona oro.
– Alemaniako eta Reich-aren baitako herrietako emakumeak.
 
Juduak
 
1940ko urriaren 3an plazaratu Juduen estatutuen ondorioz, 1940ko udazkenetik beretik, beren espetxeratze masiboa gertatu zen.
1940ko urritik aitzina, Juduak zerrategira heldu ziren. Vichy-ko erregimenaren antisemitismoaren ikurra bilakatuko da Gurseko zerrategia. 1940tik 1943ra, 20 000 judu preso sartu zituen Frantziako estatu inperialistako gobernuak. Adineko jendea zen gehiengoa. 800 pertsona inguru, iritsi eta ondoko asteetara hil ziren.
 
Haietako askorentzat, Gurseko zerrategia nazien esterminazio-esparruen aurreko etapa izan zen.
 
1942ko abuztuaren eta 1943ko martxoaren artean, Gurseko zerrategian aurkitzen ziren milaka Juduak, Drancy-ko zerrategira, Parise ondora bidali zituzten. Handik Auschwitz-Birkenau-ko esterminazio-esparrura igorri zituzten gero. Guztiak ala kasik denak esterminatu zituzten han.
 
Biztanle juduak Gurseko zerrategira, Frantziako hegoaldera, zergatik deportatuak izan ziren galdezka dezakegu; deportazio hori plan baten gauzatze asmoaren baitan sartzen zen: «Madagaskar Plana» deiturikoan; Erdialdeko Europako Judu guztientzat ghetto erraldoia izateko aukeratu zuten naziek Frantziako irla hori. Plan hau ez zen sekula gauzatu. 1942 urtean, « juduen auziko azken konponbidea » izeneko planak ordezkatu zuen.
 
1945eko abenduaren 31n hetsi zen Gurseko zerrategia. Ahanzturan eror zedin, 1946tik beretik, gunea guztiz itxuraldatua izan zen (saldua, suntsitua, oihan bat landatua). Existitu zen lehen egunetik azkenera arte, zerrategia frantziar agintariek pentsatu, sortu eta kudeatu zutela oroitaraz dezagun.
 
Oroimena gure betebeharra
 
Gurseko zerrategiko biktimei omenaldia egitea, eta gune honen eta bertan gertatutakoaren memoria bizirik mantentzea garrantzitsua da. Denek, guztiek, belaunaldiz belaunaldi, erregimen atzerakoi, nazi eta faxistek burutu ekintza kriminalak ez ahazteko betebeharra dugu. Hau guztia berriz gerta ez dadin. Ez hemen, ez inon.
 
Gaur egun, krisian den kapitalismoak eskuin muturra ezkutu gisa baliatzen duelarik, faxismoaren, xenofobiaren, antisemitismoaren eta diskriminazio forma guztien aurka borrokatzearen beharra azpimarratzea garrantzitsua da.
 
Kultura ezberdinenganako beldurra sustatzen eta « bestearenganako » gorrotoa goraipatzen duten mugimenduentzat, krisi kapitalistak une egokiak direla erakutsi du historiak. Nazionalismoaren, populismoaren edo sinpleki bere baitan hetsirik egotearen formarekin, dudarik gabe, boterea daukatenek eskuin muturreko ideiak berziklatzen dituzte, hautesleak berreskuratzeko helburu lotsagabearekin.
 
Horregatik, oroimen betebeharra ideia nazkagarri horiek borrokatzea da baita ere. Ez baitira sekula desagertzen. Mobilizazio eskasa eta etsipena nagusitzen direnean, berriz jalgitzen baitira.
 
Gaur egun, biztanle batzuk azkarki estigmatizatuak eta diskrimatuak direla eta errepresio latza jasotzen dutela oroitaraz dezagun.
-Beren jatorrizko herrietako miseriari, gerlari, gobernu faxistei ihes egiten saiatuz hiltzen diren paperik gabekoak. Europara ailegatzea lortzen baldin badute, erretentzio zentroetan sartuak dira, jatorrizko herrira kanporatuak izan artean.
 
-Biztanle nomadak, jende ibiltariak, Rom herrikoak, Ijitoak… Eskuin zein ezkerreko gobernuek estigmatizatuak, jazarriak eta kanporatuak dira. Zirkulazio eta instalazio librearen oinarrizko eskubidea urratzen zaie. Txabola auzoetan bizitzea beste aukerarik ez dute pertsona horiek ondorioz, « kaltegarri » eta « baztergarri » izatearen gaztigua jasotzen dutelarik gainerateko biztanleriaren partetik.
 
-Polizien bortizkeriari edo lege zinez faxistei aurre egiteagatik, errepresioa zuzenki eta gogorki jasaten duten militante progresistak.
 
Horra, beraz, gauzak botereak sinetsarazi nahi digun bezainbeste aldatu ez direla oroitarazten dizkiguten zenbait adibide. Historia behin eta berriz errepika ez dadin, borrokatzen segitu behar dugula gogorarazten digu horrek.
 
Oroimena, duintasuna eta borroka
Memòria, dignitat, luta
Atzoko eta gaurko faxismoaren biktimei omenaldia