Féminisation des textes

féministe- vegan pays basque

La féminisation des textes est un acte politique très important de lutte contre le sexisme ambiant véhiculé par la forme écrite mais aussi parlée dans notre langue de tous les jours.
 
Il s’agit d’une des formes de sexisme la plus vicieuse et insidieuse car elle se manifeste à chaque fois que nous ouvrons la bouche ou que nous écrivons une ligne. Elle ne paraît pas bien méchante puisque «ce ne sont que des mots» mais c’est bien avec des mots que l’on a pu écrire les pires atrocités et exposer les idéologies les plus horribles !
 
Certains «penseurs» – hommes blancs de pouvoir – ont décidé que si un homme se trouvait dans une assemblée, que si un seul mot masculin était associé à 10 000 mots féminins, le « il » devait l’emporter ! Mais pourquoi est-il toujours question d’accorder son discours en fonction de la majorité, des dominants – ici les hommes ?
 
De nos jours cela est devenu banal, et effacer toutes les femmes face à un seul homme n’a semble-t-il rien de choquant. Car c’est bien à cela que cette règle d’accord se rapporte !
 
Nous refusons cela. Il n’est pas admissible de laisser de telles choses en place sous prétexte que «c’est comme ça» ou que «c’est plus simple». Certaines règles sont vouées à évoluer, ou à être abolies et de tels principes de domination doivent disparaître !
 
La langue francaise est un reflet de notre société patriarcale: non seulement elle catégorise tout ou presque en deux genres sexués, mais en plus elle entretient la domination d’un genre sur un autre.
 
Certaines personnes disent alors que cette pratique est gênante pour la lisibilité des textes. De qui se moque-t-on ? Si nous devions nous arrêter à cela pour essayer de changer les choses rien ne changerait !
 
Comment peut-on décemment comparer la demande légitime de visibilité des femmes à la lisibilité d’un texte, manquer de considération à plus de la moitié de la population que représentent les femmes !
 
Il n’existe pas de normes concernant la féminisation de l’orthographe. Libre à chacun-e de féminiser de la manière qu’il ou elle juge efficace et pertinente.
 
-Des mots complémentaires: «les militantes et militants»
-Une majuscule: «les militantEs»
-Des points: « les militant.e.s »
-Des traits d’union: «les militant-e-s».
 
-Évitons cependant les parenthèses: «les militant(e)s», car cela ramène dans la pratique orale et écrite à l’expression « mettre en parenthèse » qui signifie « faire provisoirement abstraction de ».
 
-Pensez ensuite à accorder le reste de la phrase.
 
-Favoriser l’utilisation des mots neutres et féminins, exemples:
«les personnes» plutôt que «les hommes»
«l’espèce humaine ou l’humanité» plutôt que «l’humain»
 
La langue conditionne notre pensée et guide notre vision du monde. La remodeler, c’est construire d’autres inconscients collectifs. En cela, la féminisation nous semble bien sûr insuffisante puisqu’elle conserve en elle la division en genres masculin et féminin. Cependant, révolutionner complètement la langue est une tâche lourde, qui prend du temps, mais pour réfléchir et construire cette révolution nous devons l’utiliser de la manière la plus éthique qui soit.

 

Refusons le sexisme sous toutes ses formes !

 
Vous pouvez également retrouver ce texte en tract au format pdf, dans notre rubrique tracts ici:
Page charte et tracts