Foire au jambon 2016 à Bayonne

Pendant la foire nous allons coller l’affiche ci-dessous. N’hésitez pas à la partager dans vos réseaux, à l’imprimer et à la coller dans votre quartier.

Cliquer sur l’affiche pour l’agrandir.

Affiche contre la foire au jambon- vegan pays basque

 

Cette année encore, la ville de Bayonne et les organisatrice-teur-s de la foire au jambon ont voulu lier leur événement à la culture et à l’art. Pourtant nous sommes bien loin d’une rencontre culturelle positive et inoffensive. Cette foire célèbre la mort d’animaux et perpétue une pensée qui nous fait croire qu’ils sont de simples ressources. Et c’est bien là, une question primordiale que posent les militant-e-s de la libération animale, quelles types de cultures les sociétés humaines veulent-elles ?
 
 
Des animaux heureux ?
 
Cette foire utilise la tradition pour légitimer l’esclavage, la souffrance et la mort de milliers d’animaux pour le simple plaisir gustatif de quelques humainEs. Nous sommes là dans une hypocrisie la plus totale, car d’un côté l’événement fait croire à la mise en avant d’un «savoir faire fermier» sous entendant des petits élevages fait par des paysan-ne-s amoureux-ses de «leur» terre et des animaux, alors qu’au final cela sera, dans la grande majorité des cas, une vitrine pour de grandes usines qui cherchent à faire du profit avec l’exploitation animale. Car même si les petits élevages ont la même finalité concernant le sort réservé aux animaux (privation de liberté, souffrance, et la mort dans les mêmes abattoirs), comparés à l’élevage intensif, le lobby agro-alimentaire sait que c’est plus vendeur d’avoir une communication nous faisant croire que les animaux vivent en plein air, heureux d’êtres exploités et heureux de mourir.
 
Tout ceci dans le but de camoufler, pour ne pas gâcher «la fête», la violence invisible d’arrière boutique: le stress généré par les transports, l’enfermement, et les milliers de visiteur-ses (c’est ce qu’il se passera dans la « ferme aux cochons », lieu où des animaux seront maintenus prisonniers et exposés tous les jours de la foire). Cela permet également d’éviter soigneusement de s’interroger sur les conditions terribles d’élevage dans les fermes qui sont pourtant le fardeau quotidien des animaux.
 
Lors de la précédente foire, une photo du journal Sud Ouest illustrait clairement à qu’elle point la cochonne était heureuse d’être enfermée On peut d’ailleurs voir sur la photo de cet article du journal Sud Ouest lors de la précédente foire qui nous parle de deux participants au «concours du jambon fermier», à quel point la femelle doit être heureuse enfermée dans la stalle qui l’empêche de bouger et de se retourner. Et la légende nous démontre a quel point on parle de petits élevages (ils font naître 100 porcelets par semaine) et respectueux de la nature, vous ne trouvez pas ?
 
On peut voir d’ailleurs sur la photo de cet article du journal Sud Ouest lors de la précédente foire, (http://www.sudouest.fr/2015/03/30/des-cuissots-de-concours-1875188-4018.php) qui nous parle de deux participants de cette année au «concours du jambon fermier», à quel point la femelle doit être heureuse enfermée dans la stalle qui l’empêche de bouger et de se retourner. Et la légende nous démontre a quel point on parle de petits élevages (ils font naître 100 porcelets par semaine) et respectueux de la nature, vous ne trouvez pas ?
 
De l’esclavage…
 
Les cochonNEs tuéEs pour produire le jambon de Bayonne sont élevéEs en bâtiment, qui sauf à de très rares exceptions, n’ont jamais vu le ciel et ne le verront que le jour où le camion les amènera à l’abattoir.
 
Voici quelques exemples de ce qu’il se passe dans les élevages:
 
-Les cochons sont castrés à vif, leur canines sont arrachées à vif et leur queue coupée à vif provoquant de très grandes douleurs.
 
-Les femelles en gestation, confinées 5 semaines dans des stalles exiguës, où elles ne peuvent ni se retourner ni faire un pas.
 
-Les cochons ne peuvent pas fouiller le sol car ils sont sur un sol en dur (caillebotis). Fouiller est le comportement naturel des cochons, l’empêcher est cause d’un profond mal-être.
 
-Etc.
 
… au profit
 
La production annuelle de jambons de Bayonne, qui s’étend sur 22 départements est en forte hausse : 1.186.000 en 2014 pour 650.000 en 1998. Ce qui veut dire en clair qu’un minimum de 600.000 cochonNEs ont été tuéEs en 2014 pour la production du jambon de Bayonne. On vous laisse imaginer le nombre de cochonNEs et de tous les autres animaux massacrés par l’exploitation animale tout au long de l’année.
 
Voici un compteur pour vous rendre compte de l’ampleur effroyable du meurtre de masse des cochons à travers le monde :
 

 
L’an dernier, lors de la foire nous avions déjà relayé un article révélateur paru sur le site de Libération¹, qui démontre que ce lobby mise toujours un peu plus sur des pratiques économiques et politiques coloniales pour l’exportation de sa « production » . En voici un extrait:
 
«En mars, deux établissements de la filière Jambon de Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, la FIPSO (abattoir) à Lahontan et les Etablissements Haraguy à Aïcirits (groupe Delpeyrat), sont parvenus à franchir l’obstacle de normes sanitaires drastiques mais incontournables pour décrocher le fameux sésame, normes qui sont appliquées de manière aussi implacable aux Etats-Unis.»
 
[…]
 
«Une véritable manne pour les charcutiers sauf à dire que si le porc est la viande la plus consommée en Chine, la charcuterie n’est pas dans les usages. Il leur faudra donc faire preuve d’inventivité pour chatouiller les papilles des gastronomes chinois. Ce n’est pas un problème. C’est une population qui s’occidentalise et est en demande»
 
Art ou propagande ?
 
Cette année encore l’aspect artistique de la foire se concrétise par un «mur de mots» présent sur les façades du quai Chaho-Pelletier.
 
(Photo tirée d'un article du journal Sud ouest)

(Photo tirée d’un article du journal Sud ouest)


Des citations qui se veulent soit disant humoristiques et qui sont en fait des jeux de mots ou des expressions spécistes². Ce genre de phrases sont toujours une occasion de rabaisser, en ce moquant de leurs conditions, des traits de leur physionomie etc. (à lire sur le language spéciste). Le but de tout cela, même s’il est inconscient pour beaucoup de personnes, car façonné par le conditionnement culturel, est de dire que tout ce qui n’est pas humain est inférieur. Nous retrouvons donc là l’idéologie et la propagande anthropocentriste³ et religieuse qui place l’espèce humaine au dessus de toutes les autres espèces peuplant la planète.
 
Cette année petite nouveauté, nous retrouvons des phrases dignes des mouvances d’extrême-droite identitaire: « Sans cochon pas de civilisation » , « Le XXIè Siècle sera charcutier ou ne sera pas… ». Ce genre de phrase en plus d’être spéciste est clairement une attaque contre les musulmanEs, les juives-juifs, etc. Cela montre que les responsables politique de la ville de Bayonne, qui ont validés l’affichage de ces phrases, sont clairement complaisant avec cette propagande nauséabonde.
 
Fêtons la liberté et non l’esclavage et la mort !
 
Dans un monde juste et éthique, où l’espèce humaine n’aurait pas la main-mise sur les autres espèces, ce type d’événement n’existerait plus et de grandes fêtes seraient organisées non pas autour de la mort d’animaux, mais au contraire en célébrant les animaux et la diversité existant sur la planète.

 

La tradition, le capitalisme ne sauraient pas plus justifier l’exploitation animale qu’ils ne peuvent justifier l’esclavagisme, le sexisme, la xénophobie etc.

 
¹ Article Libération du 17.04.2014
 
² Le spécisme est à l’espèce ce que la xénophobie et le sexisme sont respectivement à l’étranger-e et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certain-e-s au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier.
 
³ L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’humain-e comme l’entité centrale la plus significative de l’Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.
 
Cochon - vegan pays basque