La situation des animaux sauvages sur Terre

Ces derniers temps, de nombreux articles de presse ainsi que la pression de multiples lobbies financiers, étatiques et structures de chasse et de pêche dans l’État français, montrent que les rapports qu’entretiennent les sociétés humaines avec les animaux sauvages deviennent de plus en plus inquiétants.
 
Les affrontements médiatiques se concentrent autour des loup-ve-s, et des ours-ses, mais les attaques contre les animaux sauvages sont bien plus vastes, pour preuve les agressions corporatistes récentes contre les renards, les flamands roses, les ibis sacrés, les vautours fauves mais aussi plus visibles au quotidien les pigeons, et bon nombre d’autres espèces d’animaux sauvages partout dans l’hexagone.
 
Pigeons

 
Les renards seraient d’infatigables « nuisibles » dans le Nord-Pas-de-Calais, les flamants roses causeraient des « dégâts inquiétants » dans les rizières de Camargue, les Ibis sacrés seraient une « espèce invasive » sur toute la côte atlantique, les vautours fauves multiplieraient les attaques contre les brebis et vaches dans la chaîne pyrénéenne, les pigeons « dérangeraient » l’esthétique des villes, les ours et les loup-ve-s s’aventureraient de plus en plus loin sur « le territoire » des humain-e-s ; la liste est longue de tous ces animaux qui mèneraient la vie dure aux « intérêts » (financiers évidement, mais aussi philosophiques) de l’humanité.
 
L’État, par l’intermédiaire des préfet-e-s, autorise d’ahurissants arrêtés préfectoraux (classement d’animaux sauvages en espèces nuisibles, autorisation de tuer des animaux sauvages ou de produire des tirs d’effarouchements, autorisation des piégeages, de pratiques extrêmement violentes tel que le déterrage…) ou reste sourd devant certains événements meurtriers tel que le « Ch’tis Fox Days », massacre de renards durant le troisième week-end de février depuis maintenant cinq ans dans la région du Nord-Pas-de-Calais.
 
Il ne s’agira pas ici d’alimenter le débat réformiste et les affirmations stériles mais de concentrer notre point de vue sur quelques fondements humains qui doivent d’être abolis.
 
Les sociétés humaines, notamment occidentales, ont un mépris hors du commun pour le monde sauvage. La méconnaissance et la désinformation sont des ennemis terribles du sort de tant d’animaux libres de l’emprise humaine.
 
L’exploitation animale, industrielle ou paysanne associée à un spécisme culturel et étatique n’est pas encore suffisant pour assouvir la soif de domination et de colonialisme des humain-e-s, le monde sauvage doit sans cesse réduire son espace vital. Un animal sauvage se doit de ne pas perturber les activités humaines sous peine de voir ses intérêts propres mis à mal ou réduits à néant.
 
Renard

 
Le monde industriel ne cache plus son désintérêt pour le sort des animaux non-humains, l’entreprise destructrice des grandes, moyennes ou petites firmes nie le vivant et affirme toujours un peu plus ses logiques purement utilitaires et marchandes. Les perspectives des luttes de libération animale, qui inclut le véganisme doivent être mise en avant dès à présent et peser dans la société réelle des champs et des villes avec toutes les alternatives concrètes et cohérentes d’une terre libérée de pratiques et de cultures violentes.
 
Pour cela nous ne pouvons pas exclure une remise en cause globale, de la firme industrielle au monde paysan, allant évidemment jusqu’aux cages ou enclos de jardin des particulier-ère-s.
 
Nous devons aussi relever le caractère hypocrite de bon nombre de personnes du monde rural qui s’insurgent contre le moindre « dégât » causé par les animaux sauvages avec cette volonté farouche de nier leurs intérêts fondamentaux. Les discours se concentrant seulement sur le manque à gagner (ne faisant parfois preuve d’aucune compassion pour la vie des animaux exploités au quotidien – dans le cas par exemple de l’attaque de brebis ou de vaches par des vautours) pour l’exploitation.
 
La planète a une richesse animale et végétale formidable et pourtant nous entendons constamment parler de « survie de nos exploitations », mais jamais de la survie et de l’intérêt des animaux à subvenir à leurs propres besoins. Cette diversité est sans cesse malmenée et détruite par les activités humaines.
 
La place des animaux sauvages ne semble compter que sur un dépliant touristique créé de toute pièce afin d’embellir un « paysage » formaté par et pour l’humain. C’est la résultante d’une méthode de communication cynique qui est censée apporter du dynamisme, de l’exotisme et du charme à une région ou un pays, d’une approche marchande attractive avec son lot de cartes postales, de peluches, T-shirts et autres mugs.
 
Ecureuil

 
Malheureusement, même les parcs nationaux ou « espaces protégés » prennent parfois des décisions contradictoires avec leurs missions premières en maintenant un pâturage montagneux qui se révèle être un désastre écologique autant du point de vue de l’asservissement des animaux non-humains et de la place des animaux sauvages, que du point de vue du monde végétal et minéral.
 
Le monde sauvage n’a pas besoin d’être préservé mais d’être libre ; la priorité est à la libération pas à la préservation, car le constat est lui aussi très amer concernant les animaux sauvages à qui la double peine est infligée. Qu’il-elle-s soient extrait-e-s de leurs milieux naturels ou bien reproduit-e-s en captivité, de nombreux animaux sauvages tentent de survivre tant bien que mal dans les zoos, parcs animaliers et autres fermes « pédagogiques », prisonnier-e-s et esclaves des cages, enclos, aquariums…
 
Même si la situation dans le monde est assez disparate, certains indicateurs récents doivent nous amener à réfléchir sérieusement à des moyens de lutte plus efficaces.
 
Il y a peu de temps, des ours blancs ont été parmi les premiers réfugiés climatiques au monde. L’accueil de l’État norvégien et de beaucoup de norvégien-ne-s fut ahurissant. Devant ces animaux en détresse, à cause de l’activité humaine, la réponse fut hâtive (la surprise tout d’abord, puis le sentiment d’insécurité des habitant-e-s créèrent un climat extrêmement hostile) et meurtrière. Les animaux ont tous été abattus.
 
L’urgence est telle que le combat vegan doit être offensif et constructif pour voir ces pratiques disparaître à terme, afin de rendre effective la libération de tous les animaux, non-humains comme humains.
 
Le moment est stratégique pour tou-te-s de se mobiliser pour la libération animale, de créer une dynamique locale et internationale afin de déconstruire les mentalités spécistes mais aussi de construire la vie humaine d’aujourd’hui et de demain, une vie plus respectueuse de tou-te-s les habitant-e-s vivants sur Terre.

 

Ici et maintenant, partout et tout le temps,

Libération totale !


 
Chevreuil

 
 

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