Le langage à caractère oppressif

Visu antispéciste - libération animale- vegan pays basque

 

Les langages humains abondent de termes à caractères oppressifs. Si, certainEs admettent la nécessité de changer d’attitude concernant les humainEs¹ (H), réfléchissant et éradiquant donc de leur vocabulaire les expressions discriminantes, celles concernant les animaux non-humains (NH) semblent ne pas être une priorité, éludant ainsi les oppressions concrètes qu’elles-ils vivent chaque jour.
 
Les expressions et insultes spécistes² prennent une place importante dans le quotidien des H. Elles sont employées de différentes manières (inconsciente, maladroite, intentionnelle, etc) mais ont toutes pour finalité de maintenir ou d’établir une hiérarchie entre les animaux H et NH et ainsi éloigner l’espèce humaine des autres vies animales. L’élevage industriel et paysan ainsi que les agences de communication, utilisent volontairement un langage neutre et généraliste pour désigner les animaux NH. Ainsi, les mots tels que « Viande ou viande de… », « Porc », « Bovin », « Ovin », « Volaille », ou bien « Saucisson », « Steak » etc, ont pleinement pour but de nier les êtres vivants au profit de leurs visions de « l’animal machine » ou de « l’animal utilitaire »
 

ABCdaire de quelques expressions et insultes spécistes:


AmphibienNEs:
  • Grenouille de bénitiers, etc.
Insectes:
  • Gober des mouches – Tomber comme des mouches – Quelle mouche te pique ?
  • Lui secouer les puces – Laid comme un pou
  • Taille de guêpes, etc.
Mammifères terrestres:
  • Peau de vache – Prendre le taureau par les cornes / Mettre la charrue avant les bœufs – Avoir un air de boeuf – Peau de vache – Parler français comme une vache espagnole – Manger de la vache enragée, etc.
  • On ne charcute que les cochons – Jouer un coup de cochon, etc.
  • Devenir chèvre – Agir comme des moutons – Être une brebis galeuse, etc.
  • Être un chaud lapin – Courir deux lièvres à la fois – Poser un lapin, etc.
  • Être têtuE comme une mule – Tête de mule – Bosser comme un âne – Être un âne bâté – Monter sur ses grands chevaux – Bourricot, etc.
  • Mener une vie de chien – Traiter quelqu’un comme un chien – Avoir un caractère de chien – Avoir un mal de chien – Comme chiens et chats – Garder un chien de sa chienne – Malade comme un chien – temps de chien, etc.
  • Avoir d’autres chats à fouetter – Donner sa langue au chat – Il n’y a pas de quoi fouetter un chat – Avoir mangé du lion, etc.
  • Avoir une faim de loup – Hurler avec les loups – L’homme est un loup pour l’homme, etc.
  • Un ours mal léché – Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, etc.
  • Être fait comme un rat – Les rats quittent le navire – S’ennuyer comme un rat, etc.
  • Payer en monnaie de singe – Gueuler comme un putois, etc.
Mollusques:
  • Avoir le Q.I. d’une huître, d’une moule, etc.
Oiseaux:
  • Tête de linotte – Cervelle de moineau – Bavard comme une pie – Plumer le pigeon – Être un pigeon, etc.
  • Fier comme un coq/comme un paon – Mère poule – Poule mouillée – Quand les poules auront des dents – Tuer la poule aux oeufs d’or – Qui vole un œuf, vole un bœuf – Être le dindon de la farce – Faire la politique de l’autruche – Canard boiteux, etc.
PoissonNEs:
  • Une mémoire de poisson rouge – Ce type est un vrai requin – Avoir des yeux de merlan frit – SerréEs comme des sardines – C’est le mariage de la carpe et du lapin, etc.
Reptiles:
  • Langue de vipère – C’est une vraie couleuvre – Verser des larmes de crocodile, etc.
Slogans:
  • Flics, Porcs, Assassins – Les flics sont des porcs – Reviens Pétain t’as oublié tes chiens – Les chiens de gardes de l’État, etc.
 

Langage de libération et intersection des luttes

ACAB all cows are beautiful vegan pays basqueLe langage écrit ou oral est un facteur puissant de discrimination et d’inégalité de traitement. Ne plus utiliser d’expressions ou insultes spécistes, c’est concrètement rejeter un pan de l’oppression visant les animaux NH.
 
De plus, il est vital de ne plus cautionner de langage oppressif envers quiconque, qu’elles-ils soient H ou NH, car n’oublions pas que les systèmes d’oppression ont des structures similaires. Il est désormais essentiel d’observer, résister et combattre sans nier les particularismes de chacunE. Penser et pratiquer l’intersectionnalité³ pour ne pas fractionner et isoler les luttes de libération.
 

Il est temps d’arrêter de penser que nos paroles d’apparences anodines n’ont aucun impact.
Déconditionnons nos discours et luttons pour la libération totale !

 
¹ Le sexisme, la xénophobie, l’âgisme, la LGBTIQ-phobie, le validisme, ect.
 
² Les expressions spécistes sont souvent par extension sexistes, capacitistes, etc.
 
³ L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le sexisme, la xénophobie, la lesbophobie, la transphobie, l’homophobie… ou encore les rapports de domination entre catégories sociales, inter-espèces, ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres. L’intersectionnalité entreprend donc d’étudier les intersections entre ces différents phénomènes.

 

Insectes - vegan pays basque

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