Les moutons : du sauvage à la prison, la libération comme seule solution !

Mouflon

 

Il y a peu, un article sur le site traitait de l’exploitation des vaches lors de « spectacles » au nom de la tradition, nous y évoquions la création d’espèces hybrides.
 
Aujourd’hui, nous abordons un peu plus en détail le cheminent imposé à une espèce sauvage par l’exploitation animale pour en faire un animal domestique, dépendant, productif et répondant à des normes de rentabilité précises. Nous parlerons de ces animaux très présents au Pays Basque, les moutons.
 
Le mouflon (voir photo ci-dessus) est l’ancêtre unique de tous les moutons vivant actuellement sur la Terre. Le mouflon, que les scientifiques ont baptisé « Ovis musimon », appartient comme le mouton à la sous famille des Caprinés et à la tribu des Ovidés. Le mouflon est originaire des régions montagneuses d’Asie et d’Europe, deux continents qui furent bien évidemment le berceau des moutons.
 
Il est bon de savoir qu’au cours des millénaires qui ont précédé notre ère, ces animaux ont migré vers différentes régions du globe, s’adaptant aux différentes conditions climatiques rencontrées, se modifiant physiquement. Aujourd’hui on trouve donc différentes variantes du mouflon d’origine ; cependant et malgré les migrations de l’espèce, on ne les rencontre à l’état sauvage que dans les régions montagneuses.
 
Dans les massifs montagneux de l’Asie centrale, vit l’ancêtre de tous les mouflons, le mouflon à manchettes ou « Ammotragus lervia ». Au Moyen-Orient, on rencontre toujours l’Arui des Arabes. Les mouflons sont également installés en Afrique, au Canada et bien sûr en Europe.
 
Les mouflons sauvages que nous rencontrons dans les parcs nationaux ou régionaux de l’hexagone sont des mouflons originaires de Corse ou de Sardaigne.
 
Le berceau français de l’espèce est sur le secteur d’Asco en Haute-Corse et le massif de la Bavella en Corse du Sud. Sur le continent, les principales populations de mouflons sont surtout réparties dans les Alpes, les Pyrénées-Orientales et sur le versant sud du Massif central, plus spécialement dans les Cévennes. Les secteurs alpins sont ceux de Gap-Chaudun dans les Hautes-Alpes et le Parc du Mercantour dans les Alpes-Maritimes. Le massif du Carlit dans les Pyrénées-Orientales abrite une belle densité de mouflons, tout comme la réserve nationale de Caroux-Espinouse dans l’Hérault.
 
L’origine des moutons et leur élevage
 
Le passage du mouflon sauvage au mouton domestique remonte à environ 9000 ans avant J.-C. À cette époque, le mouflon était présent partout en Europe. Venu d’Asie, il était chassé pour sa viande, sa laine et sa peau. En Europe, on estime toujours que le mouflon fut un gibier de choix jusqu’au Moyen Age. Mais les êtres humains n’ont pas attendu cette époque pour pratiquer la domestication de l’espèce. Et cette dernière fut très longue ; il fallut plus de 6000 ans pour voir les mouflons capturés se transformer en mouton domestique.
 
L’arrivée du mouton en Europe
 
Si pour beaucoup, le mouton est un animal à la laine blanche, son ancêtre oriental qui se déplacera sur notre continent fut d’abord un mouton à la laine brune, parfois sans laine mais avec des poils longs.
 
Les moutons descendants de l’Urial arrivèrent d’abord dans les Balkans, puis en Suisse. Parallèlement, des moutons à la peau et à la laine plus claires, d’origine d’Asie Mineure, se répandent en Allemagne, au sud de de la Scandinavie et jusque dans les îles britanniques. Puis c’est l’arrivée dans tout le bassin méditerranéen de moutons mésopotamiens, presque identiques à ceux d’aujourd’hui. La France, à la croisée des voies de pénétrations ovines, récolte toutes les races d’où la présence sur ce sol de moutons aux couleurs bien différentes, couleurs de peau et de laine.
 
exploitation moutons

 
La domestication
 
Les êtres humains attrapèrent des mouflons, mâles et femelles, qu’ils-elles enfermèrent dans des enclos ; le voisinage des êtres humains resta longtemps source de méfiance pour ces animaux privés de liberté et il fallut des centaines d’années pour sélectionner les bêtes les moins sauvages, qui seront selon les éleveur-euse-s les plus rentables en lait, en chair animale et en laine, d’autant que le stress engendré par la captivité réduit presque toujours la reproduction naturelle ; parfois ce stress provoque même une quasi-stérilité.
 
Si la taille des animaux n’évoluera guère, les cornes deviendront peu à peu plus petites, la laine plus blanche et la queue plus longue.
 
Tous les animaux trouvent une acclimatation en fonction de leurs gènes, de leurs besoins ; les moutons n’échappent pas à cette règle. Ainsi, dès le Moyen-Age, certaines races s’acclimatent de préférence dans les massifs montagneux, d’autres préfèrent les zones proches de la mer ou les grandes plaines aux herbages moins grossiers, d’autres s’installent dans des régions sèches, plus chaudes. L’Etat français abrite une quantité invraisemblable de souches locales ou régionales, d’autant qu’à cette époque les échanges sont rares entre souches par manque de communication. La France de l’exploitation des moutons subit de durs revers ; dans certaines vallées, dans certaines régions plus « sauvages », des souches disparaissent pour cause d’épizooties, mais aussi pour des raisons de consanguinité.
 
L’exploitation des moutons dans le monde
 
Le « progrès » et la « connaissance » se faisant de plus en plus pointus, des « besoins » humains se créant, on assiste dès le XVIIIe siècle à des renforcements de certains caractères ovins.
 
Les manufactures royales ont « besoin » de laine ; on introduit alors du sang Mérinos depuis l’Espagne et le Maghreb.
 
L’industrialisation et le rationalisme du XIXe siècle nécessitaient selon le pouvoir de renforcer les filières d’exploitation de chair animale et de lait ; on importe alors des béliers anglais et on sélectionne les brebis les plus aptes à se reproduire.
 
Le XXe siècle réduit encore le nombre de souches locales ou régionales ; on développe désormais exclusivement des races de « moutons utilitaires », la laine ayant perdu de sa valeur, d’autres pays (Nouvelle-Zélande, …) se spécialisent dans ce domaine.
 
De l’exploitation à la libération
 
Dans l’histoire humaine, la domination et l’exploitation des animaux non-humains se feront de plus en plus grandissantes. Que ce soit dans le système industriel ou dans celui des petites et moyennes fermes, des idéologies violentes se construiront au fil du temps comme normes, celles de l’exploitation animale et du spécisme¹.
 
Ces normes ne sont pas innées mais construites, elles reposent sur des opinions et des pratiques violentes et trompeuses. Rejeter l’exploitation animale et le spécisme, c’est respecter la diversité de la vie.
 
Les humain-e-s se doivent de reconnaître les liens qu’il-elle-s ont avec le reste des êtres vivants et ne plus être un fragment isolé sur Terre.
 

Avec du respect et de la compassion, luttons pour la libération animale !


 
¹ Le spécisme est à l’espèce ce que la xénophobie et le sexisme sont respectivement à l’étranger-e et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certain-e-s au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier. En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie, impose l’exploitation et l’utilisation des animaux non-humains par les humain-e-s.

 

Mufflons

 
 

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