Les vaches et le lobbying de l’industrie laitière

auroch - vaches -vegan pays basque

 

La présence des vaches, des génisses pour l’essentiel1 et de manière plus discrète des taureaux « reproducteurs » dans les terres basques est manifeste. La situation des « bovins » est symptomatique des conditionnements culturels qui amènent certains humain-e-s à s’enfermer dans une servitude systémique légitimant ainsi des pratiques violentes.
 
L’origine et la domestication
 
Toutes les vaches actuelles descendent d’une espèce sauvage disparue au XVIIe siècle, l’aurochs. Il-elle-s ont été domestiqué-e-s au Proche-Orient, vers 8500 avant l’ère commune.
 
Récemment, de l’ADN extrait d’anciens ossements d’aurochs du Proche-Orient ont pu déterminer de manière fiable l’arbre généalogique des aurochs puis des vaches. Des chercheur-se-s ont obtenu une quinzaine de séquences génétiques d’ossements2 dont les plus anciens datent de 6000 avant l’ère commune. Même si les archéologues ne savent pas comment la domestication s’est répartie dans le temps, cela correspond à quelques femelles par génération. L’élevage d’aurochs dans deux ou trois villages proche-orientaux auront sans doute suffit pour donner naissance à toutes les vaches que nous connaissons à ce jour.
 
La domestication des « bovins » s’est construite durant un peu plus d’un millénaire avec un processus commun à d’autres mammifères terrestres. Une sélection d’individus dociles, une captivité et un asservissement rude et impitoyable, une longue période de reproduction forcées qui découleront peu à peu vers des croisements spécifiques liés à des sélections génétiques accrues, avec pour seul but, une segmentation des vaches afin de mieux répondre à certains intérêts marchands.
 
Désinformation, lobbying et dépendance
 
Le lait est une étape nécessaire dans la vie de chaque être humain, ses bienfaits sont multiples : nutritionnels, physiologiques et psychologiques. Le lait d’une humaine est l’aliment le mieux adapté pour le nourrisson, de la même manière que le lait de vache est le mieux adapté pour sa velle ou son veau.
 
mère humaine et une vache qui allaitent -vegan pays basque

 
Pour autant, le nourrisson devra pouvoir se séparer du lait de son humaine et cheminer vers l’indépendance alimentaire. Il n’y a donc pas de raisons nutritionnelles et physiologiques à continuer à boire du lait après la période de sevrage. Cependant, l’être humain reste à ce jour, la seule espèce à boire du lait en dehors de cette période3 et la seule espèce à boire le lait d’une autre espèce4.
 
Reste que le lait garde une valeur psychologique et émotionnelle forte dans la psyché humaine. Le corps se prépare à se détacher mais l’industrie laitière, avec l’appui des états et des « officines de santé », organise des campagnes de désinformation générale (publicité, plan santé-nutrition sur les produits laitiers…) afin de répondre à des intérêts corporatistes convergents. De plus, le lait contient de la caséine, une protéine qui se divise durant la digestion et génère des opiacées (un type de substance contenu dans l’opium ou ayant un effet similaire), les casomorphines. Selon le le Comité américain des Médecins pour une Médecine Responsable (PCRM), l’une d’entre elles posséderait un dixième du pouvoir analgésique de la morphine. Remis dans son contexte, cela se comprend : ces substances, contenues dans le lait maternel, ont un effet relaxant et réconfortant pour le nourrisson, et pour conséquence l’attachement du bébé à la tétée.
 
Car si les humain-e-s ont besoin de calcium, de protéines, des vitamines, des oligo-éléments et des oméga-3, en aucun cas, il-elle-s n’ont besoin de l’obtenir par l’intermédiaire d’animaux non-humains.
 
Changements radicaux des luttes concernant les animaux non humains
 
Inséminations forcées, gestation, séparation douloureuse des veaux et de leurs mères, destin mortifère du « taurillon » ou bien déterminisme des « génisses » à devenir des distributrices de lait jusqu’à qu’elles ne soient plus productives et ensuite envoyées également à l’abattoir: des conditions de vie insoutenables pour ces êtres vivants.
 
La protection animale et certain-e-s écologistes réformistes se limitent à s’opposer aux activités humaines de type « usine des milles vaches » ou « ferme des milles veaux », au prétexte d’un bien-être animale qui ne pourrait être assuré. C’est oublier ici la nécessité de s’attaquer aux racines de l’exploitation des animaux non humains que sont l’anthropocentrisme et les idéologies de domination. C’est continuer à entretenir une attitude destructrice pour la diversité terrestre, celle de nier la valeur intrinsèque de chaque être vivant et l’intérêt de tou-te-s à vivre sur Terre.
 
De la plus petite ferme à la plus grande exploitation, la domination et l’exploitation des animaux non humains doivent cesser. Le temps est à la libération !
 

Libération animale ! Libération humaine !


 
1 Les mâles sont séparés de leur mère afin de rentrer dans le cycle de la chair animale.
 
2 Ces études ont été restreintes aux femelles. Car le type d’ADN utilisé, celui de petits éléments de la cellule, les mitochondries, ne sont transmis que par les aurochs femelles. Elles montrent que seule une centaine de femelles aurochs auraient été domestiquée.
 
3 Les animaux principalement utilisés pour la production alimentaire de lait sont la vache, la brebis, la chèvre, la jument, l’ânesse, la chamelle (et d’autres camélidés), la yak, la bufflonne, la renne et l’élan.
 
4 Hormis quelques cas de compassion inter-espèce.
 
vaches -vegan pays basque

 
 

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