Liberté pour Nahuel ! Nahuel askatu!

Liberté pour Nahuel ! Nahuel askatu!

 

Voici ci-dessous la lettre que Nahuel a écrit depuis la prison. Prenez 5 minutes pour la lire.
 
Vous pouvez toujours lui témoigner votre soutien en lui envoyant une lettre à cette adresse :
 
Juan ‘Nahuel’ Manuel Bustamante Vergara
Centro Penienciario Madrid IV, Nalvalcarnero.
Ctra. N-V, km. 27.7,
28600 Navalcarnero, Madrid, Espana

 
Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire:
Voir un résumé sur le site xconfrontationx
 
Solidarité avec Nahuel, militant vegan edge pour la libération animale et humaine !
 
La lettre de Nahuel:

[En euskara plus bas]

Je suis peut-être seul ici mais grâce à tou.te.s mes frères et soeurs à travers le monde je reçois de la chaleur et de la paix ; j’aime vraiment lire toutes les lettres que vous m’envoyez.
Je ressens votre amitié. Vous êtes près de moi.
 
Merci à tou.te.s. Je voudrais spécialement remercier Valentino de xCenerex, les membres de To Ashes et de Wolf Down, Joel et sa copine, xIronx, les gens de Berlin SXE et tous les collectifs pour les droits des animaux qui me soutiennent à travers le monde.
 
En prison, c’est vraiment hyper dur d’être vegan et non-consommateur de drogues. Les drogues sont très présentes dans la vie quotidienne, et pas seulement celles qui sont illégales. Les docteurs donnent aux prisonniers des cachets qui les transforment en zombies, et si vous leur causez trop de problèmes ils vous font prendre du Lexatin (de force) ; cette merde vous défonce complètement, vous devenez un mort vivant.
 
Dernièrement, j’ai parlé des difficultés que je rencontrais en étant vegan en prison, mais le deal de drogue est un sérieux problème. Les prisonniers sont presque tous les jours bourrés ou défoncés, les drogues rentrent sans problème et sont facilement consommées et revendues. Je suis dans un bloc (le module 3) qui est sensé être spécialement conçu pour garder les personnes qui ont des problèmes d’addiction, mais ça ne marche pas. Parfois quand je rentre dans les sanitaires je peux sentir l’héroïne brûler, et je dois vraiment faire attention aux pipes cassées et aux aiguilles qui traînent sur le sol.
 
Parfois on voit des prisonniers qui parlent ou rigolent tout seul, ou qui hurlent contre quelque chose, ou qui peuvent être paralysés pendant quelques minutes. Du vomi sur le sol, des personnes avec des difficultés respiratoires, c’est des choses courantes les mercredi, le jour où l’on reçoit l’argent de nos famille.
 
Je ne peux pas leur en vouloir, je pense que c’est la solution qu’ils ont trouvé pour échapper à cette réalité de merde. Chaque jour ressemble au précédent. On se lève à la même heure, on mange, on se promène, on lit et on dort. Et tout recommence, encore et encore. Certains d’entre eux ont perdu leur famille, leur femme, pour d’autres les gens à l’extérieur n’en ont rien à foutre. La souffrance quotidienne, et le fait de vivre dans un endroit rempli de gens, plus de 100 personnes, est vraiment dur. Et c’est un bloc qui « aide » les gens avec des problèmes d’addiction. Je ne peux même pas imaginer la situation dans les autres blocs.
 
De l’autre côté, on a les drogues légales. Les drogues de l’état, les bonnes drogues, ces foutues pilules qui vous transforment en zombie errant dans le bloc. Et il y a la pilule spéciale pour ceux qui se rebellent. Aujourd’hui on a une pilule pour chaque problème, une drogue spéciale qui peut soigner chaque maladie, qu’elle soit réelle ou non. Et être un rebelle ou refuser de se soumettre c’est une maladie très grave ici ; si tu te rebelles, tu es malade, et les gentils docteurs de la prison ont une drogue spécialement pour toi. Etre pauvre doit aussi être une maladie, puisque les docteurs ont aussi des pilules pour ceux qui volent. Se battre pour ce en quoi tu crois ? Il y a un remède à ça, qui s’appelle la liberté, mais je suppose que c’est plus simple d’enfermer les gens dans des quartiers de haute sécurité (FIES).
 
Les prisonniers sont conscients qu’il y a un problème avec la drogue, tous ne sont pas accro à une drogue, certains d’entre eux ne boivent même pas d’alcool. Pour moi, la fumée est aussi un gros problème. Sérieux, dans n’importe quelle pièce où je vais, il y a quelqu’un qui fume. Mais dans ce bloc qui s’occupe des problèmes de drogue, fumer des clopes n’est pas vu comme un problème. Comme l’un des travailleurs m’a dit, « interdire la clope serait radical ». Mais pourtant il y a plein de prisonniers avec un cancer du poumon, et personne ne semble faire la connexion.
 
Ici, quand je dis que je ne consomme pas de drogues, les gens me prennent pour un mec bizarre. Mais quand je dis que je suis vegan (ou « végétarien radical » comme ils m’appellent), ils me prennent pour un alien. Certains prisonniers m’ont dit : « Mais si tu ne bois pas, ne fumes pas, ne prends pas de drogues, et ne manges pas de viande… Pourquoi t’es là ? »
 
Ils ne comprennent pas le veganisme, seulement deux d’entre eux ont essayé d’être végétariens. Mais parfois ils admirent mon style de vie sans drogue. Certains d’entre eux ont même cru que je faisais partie d’une espèce de religion bizarre quand je leur ai dit que je ne buvais pas de café.
 
Je suis content qu’après avoir parlé du fait que je ne prenne pas de drogues avec certains prisonniers, trois d’entre eux aient arrêté de fumer devant moi. Pour moi, c’est quelque chose de bien, qui montre qu’ils sont de bonnes personnes.
 
90% des prisonniers sont ici pour deux raisons : la pauvreté et bien sûr, la drogue. Pour vente, trafic, ou recel de drogue, ou pour des crimes commis sous l’influence de la drogue. Ouais, c’est mal, mais la prison n’est pas la solution. Ça ne le sera jamais. D’ailleurs certains d’entre eux sont devenus des junkies après leur arrivée ici.
 
Cet endroit est comme un monstre qui dévore les gens. Un monstre créé par et pour le système. Un jour, les prisons feront parti du passé. Ce jour viendra. Mais pour l’instant, la résistance est le seul moyen de réaliser cela.
Personne ne croyait que l’empire romain s’effondrerait.
 

From the core of my being come this promise to myself that I won’t break my honor before all. A one way mission through life. I won’t change my course. There’s far too much to experience and accomplish to waste a precious second drunk or hazed. An effective revolutionary thought the clarity of mind that I’ve attained. I see it all for WHAT IT IS as Gomorrah’s season ends in the grave…
In this self is all I need with this oath that keeps me FREE. To this I am forever true. I am Straight Edge. I AM STRAIGHT EDGE!
 
Traduction: Du plus profond de mon être je me suis fais la promesse de ne pas salir mon honneur avant tout. Une seule mission pour la vie. Je ne changerais pas de chemin. Il y a beaucoup trop de choses à essayer et à accomplir pour perdre de précieuses secondes à être bourré ou défoncé. Une révolution efficace grâce à la clarté d’esprit que j’ai atteint. Je vois tout exactement COMME C’EST alors que la saison de Gomorrhe finit dans la tombe…
En moi-même, tout ce dont j’ai besoin est cette promesse qui me rend LIBRE. A cela je resterais fidèle. Je suis Straight Edge. JE SUIS STRAIGHT EDGE !
 
Ça fait plus de deux mois que je suis en prison. J’ai été arrêté avec d’autres ami.e.s parce qu’on faisait partie de Straight Edge Madrid. Le gouvernement nous considère comme un groupe terroriste. La raison ? Avoir participé à une manifestation contre le gouvernement, ici en Espagne. Parce qu’on fait partie de ces gens qui ne laissent pas seul.e.s celleux qui ont perdu leur maison. Moi, comme mes ami.e.s, faisions parti du mouvement contre les expulsions, et du mouvement de libération animale.
 
Ils nous appellent des terroristes. Ils disent que je suis un terroriste. Mais nous étions un groupe d’ami.e.s qui voulions créer un espace sans drogue au sein de la scène hardcore anarchiste et antifasciste de Madrid. Nous voulions montrer qu’être Straight Edge, c’est plus que des chaussures super chères, mosher et faire du stage dancing. C’est montrer autre chose, avoir un impact. J’utilise ma sobriété pour aider celleux qui veulent combattre leurs addictions. Je l’utilise pour combattre l’injustice et l’oppression, et revendiquer la libération animale et humaine. C’est mon crime, être un dissident.
 
Je suis un prisonnier en FIES-3, un prisonnier en quartier de haute sécurité considéré comme terroriste. Je peux seulement envoyer deux lettres par semaine, tous mes appels sont écoutés et je suis toujours surveillé. Je ne veux pas parler de ma tristesse ou de ma souffrance, si vous voulez savoir ce qu’est le FIES vous pouvez lire le livre « Huye, hombre huye » de Xosé Tarrio, un autre prisonnier en FIES. Je crois qu’en allemand c’est « hay ab, mensch ». Je me sens brisé, mais j’ai le soutien de mes ami.e.s, des gens que j’aime, de ma mère. Elle m’a dit : « Si tu tombes, c’est pas grave. Je serais là pour te relever. ». Donc résister est la seule chose à laquelle je pense maintenant.
 
C’est super dur d’être vegan ici, mais pas impossible. Et dans tous les cas, la vie des animaux dans les fermes, les zoos et les laboratoires est bien plus difficile que ça. Même si je ne dois manger que du pain et des pâtes je ne soutiendrais pas la cruauté faite aux animaux. Je suis aussi heureux d’être straight edge, et de ne pas faire partie du monde de la drogue. Je ne « breakerais » jamais.[1]  
 
Graf vegan antifa edge solidarité avec Nahuel

 
Je suis en prison. C’est une chose à laquelle je dois être capable de faire face. Je ne suis pas libre, c’est un fait, mais il y a encore beaucoup d’animaux que vous pouvez libérer, qui appellent à l’aide, qui nous demandent de les libérer. Il y a tellement de gens qui ont tout perdu et qui risquent leurs vies en ce moment même pour avoir une chance de prendre un nouveau départ. Ma situation n’est rien comparée à celle de celleux qui souffrent toute leur vie.
 
Je n’écris pas tout ça pour avoir du soutien, mais parce que je veux que ma voix soit entendue (ou lue) au-delà de ces murs. Je ne veux pas que vous me souteniez. Je veux que vous souteniez le mouvement de libération animale, le mouvement de libération de la Terre. Chaque action est une étape dans la construction d’un monde meilleur. A vous tou.te.s, membres des milieux vegan, straight edge, punk, hardcore. Je suis ici parce que dans ce monde, il n’y a que deux options, obéir ou se battre, et j’ai choisi la seconde. La plus dure. Je suis loin de ma famille et de celleux que j’aime, mais j’espère que cette lettre pourra me rapprocher de vous tou.te.s.
 
Je sais que ce que je vous dis peut sembler fou, mais ce n’est pas impossible. Si nous restons uni.e.s, tout devient possible. Pour tou.te.s celleux qui se sont battu.e.s contre l’injustice afin de concrétiser ce rêve d’un monde meilleur. Pour tou.te.s celleux qui se battent encore, partout dans le monde, pour que cela arrive. C’est seulement en créant des espaces sûrs pour tout le monde, en tissant des liens de solidarité avec les autres camarades que nous rendrons cela possible.
 
Je suis pauvre, immigrant (péruvien), un « sale latino » pour les flics. Je suis Vegan Straight Edge. Ce monde est tellement pourri, mais je crois encore que nous avons le pouvoir de le changer. Accordez-moi une faveur, faites que ce nouveau monde devienne une réalité.
 
Note:
[1] Breaker : dans le mouvement straight edge, cela désigne l’action de recommencer à boire de l’alcool, consommer des drogues, fumer. Le straight edge est vu comme un engagement, une promesse, et revenir dessus n’est pas envisageable, cela est perçu comme une sorte d’échec.

 
Traduction: x Morsure Animale x
 
Free Nahuel

 
 

Euskara


Nahuel presoaren gutuna, euskaratuta:
 
Egia da hemen barruan bakarrik nagoela, baina eskerrak eman nahi dizkiet mundu guztiko nire anai-arrebei. Bidali didazuen bero eta bakeagatik. Benetan maite ditut bidali dizkidazuen gutun guztiak.
Zuen laguntasuna sentitzen dut. Nere alboan zaudete.
 
Eskerrikasko denei, eta bereziki xCenerex taldeko Valentinori, To Ashes-ekoei, Wolf Down, Joel eta bere neskalaguna, xIronx, Berlin SXE taldekoei eta babestu nauten mundu osoko Animalien askapen kolektiboei.
 
Kartzelan, beganoa eta drogetatik aske izatea benetan gogorra da. Drogak egunerokotasunean daude presente, eta ez legez-kanpokoak soilik. Doktoreek zombi bihurtzen zaituzten pilulak ematen dizkiete presoei, eta arazoak ematen badizkiezu Lexatin administratzen dizute (indarrez), zabor horrek leher eginda uzten zaitu, zombia bezela.
 
Azken aldian kartzelan begano izateko zailtasunei buruz idazten jardun naiz, baina hemen droga trapitxeoak benetako arazo dira. Presoak kolokatuta ematen dituzte egunak, drogak inungo arazorik gabe sartzen dira hona eta oso erraz saldu zein kontsumitzen dira. Ni bloke batean nago (3. modulua), teorian adikzio arazoak dituen pertsonak gatibu izateko diseinatuta dagoena, baina alferrikakoa da. Noiz behinka, komunean sartu eta heroina erre usaina somatzen dut, eta kontuz ibili behar dut lurreko tubo eta xiringekin.
 
Batzutan presoak ikusi ditzakezu, bakarrizketan ala bakarrik barrez, zerbaiti oihuka, edo guztiz paralizatuta minutu luzetan. Lurrean botakak eta arnasteko zailtasunak dituen jendea ikustea ohikoa da asteazkenetan, familietatik dirua jasotzen duten egunetan hain justu.
 
Ezin diet errurik bota. Uste dut errealitate madarikatu honetatik ihes egiteko beraien bidea dela. Egun bakoitza aurrekoaren berdina da. Ordu berean esnatu, jan, bueltaka ibili, irakurri eta lo egin. Behin eta berriz. Batzuk bere familia galdu dute, beraien emazteak, eta kanpoko jendeari bost axola zaio. Benetan gogorra da egunetik egunera sufritzen ematea eta 100 pertsona baina gehiagorekin betea dagoen leku batean bizitzea. Eta hau adikziodun jendea « laguntzen » duen bloke bat da. Ezin dut imajinatu beste blokeetako egoera nolakoa izango den.
 
Bestalde legezko drogak daude. Estatuaren drogak, onak, oinezko zombi bihurtzen zaituzten pipula madarikatuak. Eta errebeldeentzako pilula bereziak ere badaude. Gaur egun arazo bakoitzarentzat pilula bat dugu, gaixotasunak sendatu ditzaketen medikamentu bereziak, izan hauek errealak ala ez. Eta errebelde eta tematia izatea gaixotasun larria da hemen. Errebeldea bazara, gaixo zaudelaren seinale, eta kartzelako mediku zintzoek medikamentu bereziak dituzte zuretzat. Behartsu izatea ere gaixotasun bat omen, medikuek lapurrentzat ere pilulak dituzte eta. Sinesten duzunagatik borrokan? Tira, askatasuna izeneko sendabidea dago, baina imajinatzen dut errazago dela segurtasun maximoan giltzapetzea (FIES).
 
Presoek drogen arazoaren jakinaren gainean daude. Esan nahi dut, ez dute denek droka menpekotasunik, zenbaitek ez dute alkoholik ere edaten. Niretzako, kea ere benetako arazo bat da. Zer arraio, noan gela guztietan norbait dago erretzen! Baina drogen abusua tratatzen den bloke batean, erretzea ez da arazo kontsideratzen. Langile batek esan zidan bezala « erretzea debekatzea erradikala izango zen ». Baina gero preso andana dago biriketako minbizia sufritzen, eta badirudi inork ez duela konexioa egiten.
 
Hemen, drogatik libre nagoela esaten dudanean jendeak friki bat banintz bezala begiratzen nau. Baina beganoa (edo « bejetariano erradikala », deitzen nauten bezala), alien bat banintz bezala begiratzen naute. Beste preso batek honakoa esan zidan: « Ez baduzu edaten, erretzen, drogarik hartzen edo haragia jaten.. zer arraiogatik zaude hemen? ».
 
Ez dute beganismoa ulertzen, presoetako bi soilik saiatu dira bejetariano izaten. Baina noizbehinka nire drogez libre bizitzeko erabakiaren aurrean mirespena erakusten dute. Batzuk erlijio arraro batekoa naizela ere pentsatu zuten, kaferik ere ez dudala hartzen esan nienean. Pozik nago drogarik ez hartzeagatik eta nere erabakiaren inguruan presoekin hitz egin ondoren, hauetako hiruk nire aurrean erretzeari utzi diotenean. Nire ustetan hori ederra da, erakusten du tipo onak direla.
 
Presoen % 90a bi arrazoigatik dago hemen: behartsuak direlako eta droga asuntuengatik, noski. Drogak saldu, fronteretatik pasa edo ezkutatzeagatik, edo drogen menpean burututako delitu batengatik daude hemen. Bai, egoera benetan tamalgarria da, baina kartzela ez da konponbidea. Eta ez da inoiz izango. Are gehiago, presoetako batzuk yonkiak bihurtu dira kartzelara iritsi ostean.
 
Leku hau munstro bat da, jendea irensten duen munstro bat. Sistema honek eta honentzako sortu zen munstro bat. Noizbait, kartzela iraganeko zerbait izango da soilik. Eta egun hori iritsiko da. Baina orain, erresistentzia da egun hori iritsi dadin egin dezakegun bakarra. Inork ez zuen sinetsiko Inperio Erromatarra eroriko zenik.
 

« From the core of my being come this promise to myself that I won’t break my honor before all. A one way mission through life. I won’t change my course.There’s far too much to experience and accomplish to waste a precious second drunk or hazed. An effective revolutionary thought the clarity of mind that I’ve attained. I see it all for WHAT IT IS as Gomorrah’s season ends in the grave…
In this self is all I need with this oath that keeps me FREE. To this I am forever true. I am Straight Edge. I AM STRAIGHT EDGE! ».
 
Bi hilabete baina gehiago pasa dira kartzelan nagoenetik. Straight Edge Madrid taldeko kide izateagatik atxilotu ninduten, bi lagunekin batera. Gobernuak talde terroristatzat gauzka. Zein da arrazoia? Gobernuaren aurkako manifestazio batean parte hartzea hemen, Espainian. Beraien etxeak galdu zituzten pertsonak inoiz alboratu ez ditugunak izateagatik. Ni, nire lagunekin batera, desauzioen aurkako borrokaren parte gara, baita ere animalien askapenaren parte. Terrorista deitzen gaituzte. Terrorista deitzen naute. Baina gu lagun talde bat besterik ez gara, Madrilgo eszena hardcore punk anarkista eta antifaxistan drogetatik libre den espazio bat sortu nahi duena. Erakutsi nahi genuen Straight Edge izatea oinetako garestiak, mosh edo eszenario dantza baina askoz gehiago dela. Aldaketa bat egitean datza. Nire sobrietatea erabiltzen dut beren adikzioak borrokatu nahi dituztenak laguntzeko. Bidegabekeriak eta zapalkuntza borrokatzen nituen, animalien eta gizakien askapena aldarrikatzen nuen. Hori da nire krimena, disidentea izatea.
 
FIES 3 errejimeneko presoa naiz. Segurtasun maximoko presoa, terrorista kontsideratua. Bi gutun soilik bidali ditzaket astean, nire komunikazio guztiak entzuten dituzte eta beti bijilatzen naute. Ez dut nire tristura eta minaren inguruan hitz egin nahi, FIES errejimena benetan zer den jakiteko, irakurri ezazue « Huye, hombre, huye » liburua, Xosé Tarriok idatzia, beste FIES preso bat. Holandesez « hav ab, mensch » litzatekela uste dut. Hautsi izan banindute bezala sentitzen naiz, baina nire lagunen babesa dut, maite nautenena, nire amarena. « Erortzen bazara, lasai. Hemen nago ni, zu berriz zutizeko » esan zidan. Beraz, oraintxe bertan, gogor eustea da nire buruan dagoen gauza bakarra.
 
Hemen beganoa izatea benetan zaila da, baina ez ezinezkoa. Dena den, granja, zoo eta laborategietan bizi diren animalien bizitza hau baina askoz zailagoa da. Nik ogia eta pasta besterik jan ezingo dudan arren, ez dut animaliekiko krudeltasuna babestuko. Honez gain pozik nago straight edge izan eta drogen mundu honen parte ez izateaz. Ez dut nire promesa hautsiko. Kartzelan nago. Honi aurre egiteko gai izan behar naiz. Ez naiz aske, hori egiteate bat da, laguntza eske dauden eta askatu ditzakegun animalia asko daude oraindik, guri deika ari dira, guk askatu ditzagun. Dena galdu duen jende asko dago eta hala ere beraien bizitza bera ere arriskuan jartzen dutenak, berriz ere hasten saiatzeko. Nire egoera ez da ezer, sufrimenduzko bizitzan pairatzen dituztenen patuarekin alderatuta.
 
Ez dut hau nire burua animatzeko idazten, baizik eta nire ahotsa pareta hauetatik haratago entzun dadin. Ez dut ni babestu nazazun nahi. Animalien eta lurraren askapen mugimendua babestu dezazun nahi dut. Ekintza bakoitza mundu hobeago bat eraikitzeko pausu bat da. Zuentzako, lagun begano, straight edge, punk eta hardcoretak. Hemen nago, mundu honetan bi aukera soilik nituelako, edo men egin edo borrokatu, eta azken hau egitea erabaki nuen. Zailena. Nire familia eta maite ditudanengandik urrun nago, baina espero dut gutun honen bidez zuen guztiongana iritsiko naizela.
 
Badakit gutun honetan diodanak eromena dirudiela, baina ez da ezinezkoa. Elkartuta mantentzen bagara, dena posible izan daiteke. Zuentzako, bidegabekeriaren aurka borrokatzen duzuenentzako, mundu hobeago baten ametsa ekartzen diguzuenentzako. Denontzako espazioak sortuz eta kamaradekin elkartasun sareak sortuz soilik bihurtuko dugu errealitate.
 
Behartsua, imigrantea (Peruarra) naiz, « matxupinoa » polizientzat. Begano Straight Edfe naiz. Mundua mierda bat eginda dago, baina oraindik mundua aldatzeko boterea dugula sinesten dut. Egidazue mesede bat, bihurtu ezazue errealitate mundu berri hau.
 
Manuel « Nahuel » Bustamante Vergara, Centro Penitenciario Madrid IV Navalacrnero CTRA N-V Km 27,7 280600
 
Traduction: Askekintza

 

Tshirt de soutien à Nahuel