Lurrama

lurrama-2016

 

Les rassemblements autour des animaux non humains sont toujours vantés comme des moments de partage et de convivialité. Lurrama qui se déroule ce weekend n’échappe pas à la règle. Une mise en scène propre de l’exploitation animale, avec en coulisse des situations bien plus complexes et différentes qu’il n’y parait.
 
Lurrama qui est à l’initiative de l’association Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la chambre d’agriculture alternative en Pays Basque, souhaite comme chaque année mettre en avant une agriculture biologique ou raisonnée et une relocalisation de l’agriculture.
 
Malheureusement les critiques du monde agricole et les solutions « alternatives » s’arrêtent au seuil de l’humanité et ignorent celles des autres êtres vivants peuplant la Terre, dans une démarche purement anthropocentriste¹ et spéciste².
 
Les animaux non humains subissent dans les fermes jour après jour une vie de domination et d’exploitation entièrement régie par et pour les humainEs. S’ajoute alors pour ce type d’événement son lot de transports indignes et de pratiques stressantes. Les animaux sont transportés et stockés comme de vulgaires marchandises et se retrouvent ensuite dans un bâtiment ultra aseptisé, (le Hall Iraty à Biarritz étant un parc des expositions) puis sont parqués dans des boxes, exposés au stress du passage, du brouhaha omniprésent et à la sollicitation des milliers de visiteuses et visiteurs du salon. Un stress également dû aux nombreuses manipulations des animaux par les éleveuses et éleveurs lors des démonstrations ouvertes au public : tonte des moutons, démonstration de chien de berger, traite des chèvres etc.
 
Il n’y a rien là de naturel pour les animaux à se retrouver enfermés, manipulés et exposés au stress dû à un public très nombreux, cette situation s’apparente à ce que vivent les animaux dans les zoos ou les cirques.
 
Cette année il y aura en plus une conférence nommée « Faut-il cesser de tuer des animaux pour se nourrir ? », qui cherche à nous faire croire qu’il y aura une réflexion réelle sur ce sujet. Mais vu que les intervenantEs, Jocelyne Porcher (ancienne agricultrice dans la production laitière de brebis et vente de fromages, actuellement sociologue et zootechnicienne à l’INRA, et lobbyiste anti Libération Animale), Véronique Zenoni (vétérinaire pro élevage, appliquant une soit disant « Approche globale de la santé et du bien-être animal en élevage du point de vue de l’ostéopathie vétérinaire ») et Mikel Hiribarren (du syndicat ELB, syndicat affilié à la Confédération paysanne), ne sont que des personnes pro exploitation animale, simplement opposées à l’élevage intensif, vous vous doutez bien que la réflexion sera inexistante, que la conférence sera simplement une tribune pour le petit élevage. Mais bien-sur cela ne changera rien au sort des animaux qui vivront toute leur vie en esclavage et mourront dans ces petites fermes.
 
Lurrama

 
A chaque événement de ce type, les enfants sont une cible privilégiée. Il y est toujours question d’ateliers « ludiques et pédagogiques » qui les « sensibiliseraient » aux activités humaines autour des animaux et parfois de manière plus large aux problèmes dits « environnementaux »³.
 
Plusieurs espaces de détente ou d’apprentissage (La ferme des enfants, découverte des AOP basque etc.) pour les écolier-ère-s ainsi que pour les jeunes visiteur-se-s avec en point de mire pour les organisateur-trice-s une orientation éducative bien particulière concernant les animaux non humains dans l’agriculture paysanne.
 
Chaque enfant n’aura comme champ de vision qu’un monde où les animaux non humains, ainsi que les végétaux, n’auront de place que par l’utilité qu’ils apportent aux humainEs. Ainsi, on perpétue à chaque génération des cultures où les comportements de domination et d’exploitation sont la norme. Un monde où est entretenu l’acceptation selon laquelle il est nécessaire pour les humainEs de consommer ou d’utiliser des animaux ou des produits issus des animaux pour se nourrir ou bien de manière plus générale pour vivre.
 
Les enfants doivent entrevoir la complexité de la vie sur des bases d’altérité et non d’opposition et d’accaparement. Les méthodes d’accompagnement aux savoirs des enfants et les principes culturels doivent se transformer. Le véganisme reste aujourd’hui une base éthique crédible et nécessaire aux humainEs de tous âges pour vivre en symbiose avec les autres êtres vivants de la Terre et abolir toutes domination et exploitation sur les animaux non humains et humains.
 
antispécisme

 
Il ne sera jamais vain de répéter que défendre les animaux non humains, les végétaux, la Terre dans son ensemble, c’est nous défendre ! Pas pour les intérêts qu’il-elle-s nous apporteront dans le futur, mais bien pour la valeur intrinsèque de chaque être vivant.
 
Construisons une agriculture respectueuse de la planète et des animaux qui l’habitent !
 
Déconstruisons l’exploitation animale, abolissons l’esclavage !

 
¹L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’humainE comme l’entité centrale la plus significative de l’Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.
 
²Le spécisme est à l’espèce ce que la xénophobie et le sexisme sont respectivement à l’étrangerE et au sexe: la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certainEs au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier. En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie, impose l’exploitation et l’utilisation des animaux non-humains par les humainEs.
 
³Nous sommes opposés au terme « environnement » car c’est un terme anthropocentriste qui entend par là seulement ce qui entoure les humainEs ou les activités humaines. Nous lui préférons donc le terme d’ « écologie ».

 

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