Mobilisation pendant les fêtes de Bayonne 2017

Bandeau antisexistes fêtes de Bayonne

Les fêtes de Bayonne démarrent ce mercredi 26 juillet 2017 pour 5 jours. Même si pour certaines personnes ces fêtes sont un moment festif, auxquelles elles aiment prendre part avec « respect », énormément de gens ne sont pas là pour ça, bien au contraire !
 
Beaucoup de personnes viennent dans l’unique but de participer à une orgie de masse (plus d’1 million de personnes sont attendues et chaque année la fréquentation augmente). La consommation astronomique d’alcool associée au caractère machiste des fêtes décuple les comportements et violences sexistes, lesbophobes/transphobes/homophobes, xénophobes etc. Ce ne sont pas des actes isolés. Chaque année, de nombreuses plaintes pour viols sont déposées, il y a également des femmes qui n’ont pas « osé » porter plainte, et celles qui ne se souviennent pas à cause de l’alcool. Sans oublier tous les attouchements, les vêtements arrachés, etc, qui ne sont pas comptabilisés. Il est donc presque impossible pour une femme se déplaçant en fin de soirée dans Bayonne de ne pas subir de multiples harcèlements et insultes sexistes.
 
Voici nos affiches antisexistes des « fêtes », vous pouvez les voir ci-dessous:
 
Cliquer sur les affiches pour les voir en grand.


 
De plus, pendant de nombreuses années, dans sa communication pendant les fêtes, la mairie de Bayonne encourageait la culture du viol en diffusant un discours sexiste et paternaliste appelant les femmes à ne pas porter de tenues « sexy » et en expliquant que les violences sexistes le seraient à cause de leurs tenues vestimentaires. Ce discours nauséabond donnant bonne conscience aux agresseurs est tout simplement inadmissible, c’est ce qu’on appelle la culture du viol, très répandue dans les sociétés patriarcales et relayé par énormément de personnes (majoritairement des hommes, mais malheureusement aussi des femmes sont conditionnées par ce discours) transformant les victimes en accuséEs. Les seuls responsables sont les agresseurs, ceux qui se rendent coupables de violences sexistes et non les femmes qui ont le droit de s’habiller comme elles le souhaitent sans risquer des violences physiques, harcèlements ou insultes.
 
Voici par exemple un texte que l’on trouvait lors de fêtes précédentes sur le site de tourisme de la ville:
 

« Attention à ne pas être trop sexy, les mini-shorts, les décolletés trop prononcés, les tee-shirts transparents sont mal venus… Restez sobres et gracieuses. Les fins de nuits peuvent être alcoolisées, et parfois il en faut peu pour éveiller des propos sexistes déplacés. Votre tenue doit avant tout être confortable, avec une touche sportive, tout en simplicité et délicatesse. Le package idéal afin de réussir à s’amuser tout en restant élégante, est avant tout le maintien et la décence. »

 
D’un point de vue de l’exploitation animale les fêtes ne sont également pas en reste cumulant les traditions barbares : courses de vaches le jeudi, le vendredi et le samedi sur la place Saint-André; souvent moins décriées que les corridas, elles occasionnent pourtant des blessures, conditions de stress, de peur et de fatigues intenses pour les vaches ainsi que des blessés chez les humainEs. Ensuite auront lieu une corrida à cheval le samedi et la corrida des fêtes le dimanche, au total une dizaine de taureaux seront tués. Le lobby et la propagande tauromachique visent également les plus jeunes, le jeudi, avec l’initiation pour les enfants au toreo de salon : (le toreo de salon est l’apprentissage des gestes de la tauromachie sans présence d’un taureau). N’oublions pas également tous les assassinats en masse de cochons perpétrés à l’avance pour en faire du jambon de Bayonne, etc.
 
Nous lançons également une campagne anticorrida pendant les fêtes de Bayonne comme chaque année.
 
Voici ci-dessous les affiches anticorrida des « fêtes »:
 

Cliquer sur les affiches pour les voir en grand.


 
L’impact écologique des fêtes est tout simplement hallucinant: la pollution par le plastique jonchant les rues a certes été diminuée avec l’introduction obligatoire depuis 2011 des baso berri (verres consignés réutilisables), mais elle reste tout de même massive car des bars dérogent à cette obligation en utilisant toujours des verres jetables à partir d’une certaine heure et la plupart d’entre eux contournent le décret sur d’autres formats de consommation (bouteilles d’1 litre en plastique, petits verres à shooter en plastique, etc.). Tout ce plastique n’étant pas consigné, il se retrouve le plus souvent dans la rivière de la Nive puis dans le fleuve de l’Adour et enfin dans l’océan. Ce n’est malheureusement pas la seule pollution, car vu la fréquentation énorme lors de ces journées, le sol se retrouve jonché de papiers, plastiques, détritus divers, vomis, urines, etc. obligeant tous les matins les camions de la ville à faire un nettoyage intensif au jet en utilisant des détergents bactéricides, qui eux aussi se retrouvent en très grosse quantité dans les cours d’eau de Bayonne ainsi que dans l’océan. Ajoutons à cela le camping sauvage massif qui occasionne de nombreux dégâts dans des endroits protégés, tels que la barthe d’Ilbarritz, les bords de Nive ou bien la forêt de Pignada/Chiberta.
 
Les 3 messes des fêtes sont une façon de plus pour le diocèse de Bayonne, sous commandement de l’évêque intégriste local Marc Aillet, d’établir sa propagande et véhiculer ses valeurs discriminatoires.
 
Sans oublier bien sûr la propagande militariste avec des sauts en parachute du 1er RPIMa.
 
Rappelons pour finir que tout ceci est financé par l’argent public, une note pour les contribuables de 1,2 million d’euros. Et cette année encore bien plus, vu que c’est près de 1500 policiers, gendarmes et militaires qui assurent la sécurité de l’événement auxquels il faut ajouter les pompiers, la sécurité civile et le SAMU comme chaque année.
 
Nous appelons chacune et chacun à ses responsabilités et à ne pas oublier que faire la fête ce n’est pas tolérer l’intolérable et s’asseoir sur les valeurs éthiques qui doivent nous animer chaque jour. Alors soyons vigilantEs et n’acceptons aucun comportement ou insulte sexiste, lesbo/trans/homophobe, xénophobe, etc; ni les comportements portant atteinte à notre planète ou aux animaux. Ne consommons pas ou peu d’alcool (les bars associatifs ont généralement un super bon jus de pommes local entre autres) pour ne pas cautionner cette surconsommation, pour afficher et affirmer notre anticapitalisme et pour être capable de réagir si nous sommes témoins de comportements inadmissibles ou d’agressions.

Ne fermons pas les yeux, ne laissons pas faire !

Discriminations, exploitation animale, destruction de la planète,
Ni pendant les fêtes de Bayonne, ni au quotidien !

 

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