Pourquoi refuser l’huile de palme ?

Couverture

 
 

 L’huile de palme, c’est quoi ? 


Huile de palme

 

L’huile de palme extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile, est l’huile végétale la plus consommée au monde (25 %) (42 millions de tonnes sur douze mois en 2008-2009 selon l’USDA). Ingrédient traditionnel des cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie, elle est désormais surtout utilisée par l’industrie : 80 % dans l’agroalimentaire, 19 % pour les cosmétiques et 1 % pour les agrocarburants. La moitié des aliments transformés en contiennent, car elle leur confère du moelleux et facilite leur conservation. Mais l’huile de palme est surtout préférée pour son faible coût de production. Le rendement à l’hectare du palmier à huile est en effet dix fois plus élevé que celui du soja. 100 kg de fruits donnent environ 22 kg d’huile.
 
Les cinq plus gros pays producteurs d’huile de palme (en tonnes) :
 
1-  Malaisie  13 610 000
2-  Indonésie  11 400 000
3-  Nigeria  910 000
4-  Thaïlande  680 000
5-  Colombie  600 000
 
L’Indonésie a un taux de déforestation le plus élevé au monde, avoisinant les 2 millions d’hectares par an. En 1950 la forêt occupait environ 160 millions d’hectares, aujourd’hui il en reste moins de 48 millions.
 
La carte ci-dessous représente la couverture forestière de l’île de Bornéo, partagée en trois pays : la Malaisie, l’Indonésie et Brunei sur 743 000 km²
 
extent-of-deforestation-in-borneo-1950-2005-and-projection-towards-2020

 
 

 Pourquoi refuser l’huile de palme ? 


Voici les raisons écologiques et sociales pour lesquelles il ne faut pas consommer de produits issus du palmier à huile, aussi bien alimentaires que non alimentaires :
 
Déforestation : l’huile de palme, bio ou non, certifiée ou non, participe directement ou indirectement à une déforestation galopante (80% de la déforestation en Malaisie, 17 à 27 % en Indonésie)
 
Extinction d’espèces animales et végétales : la déforestation provoque la destruction de plus de 80% de la biodiversité. Ceci entraîne une perte de la pharmacopée, la destruction des lieux de vie des animaux et leur mort par manque de nourritures, maladies, etc.
 
Emission de CO2 et pollution : la déforestation et l’érosion des sols dues à la culture des palmiers et au transport de l’huile sont une très grosse source d’émission de ce gaz à effet de serre. De plus, les produits chimiques et les déchets de la palme sont allègrement déversés dans l’environnement.
 
Expulsion des populations locales : la culture des palmiers industriels sur les surfaces exploitées par les populations locales ou les peuples vivant de la forêt entraine des expropriations. Et des destructions de cultures humaines.
 
Exploitation des ouvriers : beaucoup de témoignages relatent des infractions graves aux droits des ouvriers.
 
Bénéfices pour les industriels : étant la moins chère du marché (rendement élevé, salaires bas) l’huile de palme permet aux marques qui l’utilisent de faire plus de bénéfices.
 
Effets néfastes sur la santé : l’huile de palme, hydrogénée ou non, est composée d’une quantité trop importante d’acides gras saturés dont l’excès favorise les accidents cardio-vasculaires.
 
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 Où trouve-t-on souvent de l’huile de palme ? 


Vous trouverez ci-dessous un résumé des produits dans lesquels on trouve souvent de l’huile de palme ou ses dérivés :
 
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Margarines, chips, pâte à tarte, fromages à pizza industriels, pâtes à tartiner, viennoiseries, biscuits apéritifs, soupes, biscottes et pain de mie, biscuits sucrés, chocolats fourrés, glaces, gâteaux et cônes glacés, plats cuisinés divers, pâtes fraiches, céréales du petit déjeuner (type fourrées), savons solides, gels douche/shampoings, crèmes et produits de beauté, produits d’entretien et lessive, gasoil.
 
Exemples de pourcentages entrant dans la composition de ces produits:
 
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Plus simplement, se sont souvent les produits les plus manufacturés qui contiennent de l’huile de palme.
 
Voici quelques-unes des marques industrielles qui utilisent le plus d’huile de palme dans les produits alimentaires :
 
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Magasins biologiques, écologiques, artisanaux… qu’importe, vous aurez autant de chance de trouver de la palme dans toutes ces gammes de produits que dans les magasins industriels ou les supermarchés.
 
Seule une lecture attentive des étiquettes vous en apprendra plus, ou un contact avec l’industriel en question.
 
Decrypter les étiquettes :
 
Voici quelques additifs ou noms d’ingrédients sous lesquels la palme se cache très souvent. Pour être certain-e que votre produit n’en contienne pas s’il a un ou plusieurs de ces additifs ou ingrédients : contactez le fabriquant du produit.
 
Additifs

 
On retrouve également souvent l’huile de palme sous ces noms dans la liste des ingrédients:
 
Autres noms de l'huile de palme

 
 

 Le label RSPO ou la mauvaise blague du durable 


Les industriels de la palme ont senti le vent tourner. Ils ont alors inventé l’huile de palme « durable », dûment certifiée RSPO. Par qui ? Par eux-mêmes, en instaurant au sein d’une table ronde des règles qui les arrangent. Et ces règles, déjà vides et sans grand intérêt réel, ils ne les respectent même pas forcément ! En réalité, les mêmes problèmes sont observés sur le terrain pour des exploitations durables ou non. Ceci a été mainte fois dénoncé par les Amis de la terre, sawit watch, greenpeace etc.
 
La certification durable interdit-elle la déforestation ?
Les forêts sont classées par niveau de préciosité : certaines parcelles sont donc considérées comme sacrifiables. A Sabah par exemple, seuls 16% de la forêt sont sous « protection ». Voilà qui laisse une bonne marge de manœuvre avec les 84 % restants ! Mais ces critères ne sont même pas respectés. Des relevés sur le terrain ont mis en évidence que les parcelles devant être protégées (PT SSS1) étaient quand même rasées. Les Amis de la Terre ont montré que les entreprises PT Budidaya Agro Lestari et PT Sandika Nata Palma (Sime Darby) avaient rasé des forêts protégées sur plusieurs milliers d’hectares pour planter du palmier à huile.
 
La certification durable évite-t-elle la pratique du brûlis ?
La technique du brûlis est toujours utilisée, même pour les parcelles certifiées. La pollution de l’air est donc un problème majeur dans bon nombre d’endroits.
 
La certification, favorise-t-elle les entreprises aux bonnes pratiques ?
Une industrie peut très bien avoir une partie de ses plantations certifiée et l’autre pas. De plus, les parcelles de palme ayant provoqué la déforestation avant 2005 sont « certifiables »…
 
La certification évite-t-elle les expropriations ?
Les conflits liés aux vols de terres par les entreprises de production de palme sont tout aussi importants pour les parcelles certifiées que les autres. Le problème réside tout simplement dans l’attribution des terres, pour les peuples qui vivent de la forêt depuis des millénaires et pour les paysans qui exploitent leur terre depuis bien avant l’existence du droit de propriété. D’ailleurs les expropriés ont plutôt intérêt à ne rien dire, car demander des comptes leur vaut pour certains la prison.
 
Qui fait partie du jeu ?
Qui est représenté à la table ronde ? Un membre adhère pour la modique somme de 2000 € par année.
 
Les banques et investisseurs : 9, comme Crédit Suisse, Rabobank etc.
Les industries utilisant la palme : 192, comme Ferrero, Findus, Unilever, Wilmar, Green Earth Fuels LLC et la célèbre Alsacienne de pâtes ménagères.
Les producteurs de palme : 98, comme PT SMART Tbk (groupe Sinar Mas) etc.
Commerçants et transformateurs de palme : 207, comme Cargill, BASF etc.
Les détaillants : 37, comme Carrefour, Metro, Mac Donald’s, Wal Mart, Casino etc.
ONG sociales :10, comme Oxfam, Sawit watch etc.
ONG environnemenatales :17, comme 4 WWF nationales différentes etc.
 
 

 Se passer d’huile de palme 


Forêt-tropicale

 
L’une des premières solutions contre la palme est la simplicité. En effet, la palme n’est pas utilisée dans nos cuisines traditionnelles. L’utilisation de produits bruts est donc une solution efficace. Elle permet la consommation de produits simples, sains, savoureux et dont vous connaissez la provenance.
 
1. Quelques exemples de produits simples ayant peu de chance d’être palmés
 
Les pâtes sèches
Le riz et les céréales (blé, orge etc.)
Les légumineuses
Les légumes et fruits frais (ou surgelés non cuisinés)
 
2. Acheter dans une Amap
 
Les Associations pour le Maintient d’une Agriculture Paysanne sont des structures proposant au paysan et au consommateur de passer un contrat. En général ce sont 6 mois ou un an de produits locaux payés d’avance (mais de manière échelonnée) et à retirer aux dates convenues. Dans la pratique c’est un panier de légumes tous les jeudis par exemple. Les horaires sont en soirée pour pouvoir retirer sont panier après le travail. En faisant partie d’une AMAP vous vous engagez aussi à aider de temps en temps à la distribution. Une à deux fois par an, tout le monde joue le jeu et ça marche.
Le principe est que l’agriculteur produise en adéquation avec la nature et vous fournisse le résultat de son travail, plus ou moins selon la récolte, nous sommes solidaires. D’autres structures peuvent exister, comme des jardins partagés, des jardins de réinsertions, des Amap bio ou non…
 
3. Acheter au marché
 
Le marché peut être soit le symbole du revendeur, soit du producteur. Là encore à vous de sélectionner votre stand. On est en hiver et votre paysan vend des tomates, des courgettes et du radis… mauvais signe ! Pour connaître les horaires et lieux de marché, renseignez-vous dans votre mairie. Vous trouverez également facilement les informations pratiques sur internet.
 
4. Les magasins bio
 
Les magasins bio ne garantissent pas de ne pas tomber sur des produits palmés. Au contraire, les produits transformés sont tout aussi palmés qu’ailleurs. Malgré tout, les produits vendus dans ce genre de magasins sont moins nombreux, bio et les lectures d’étiquettes moins nombreuses et plus simples, car avec moins d’additifs.
 
 
Quelques exemples de recettes sans huile de palme de produits alimentaires qui en contiennent souvent:
 
Margarine maison:
70g d’huile végétale (tournesol, maïs, soja, olive…)
20g d’eau naturelle
10g de lécithine de soja granulaire
Préparation:
On met tout dans un mixeur et on fait fonctionner pendant environ une minute, jusqu’à obtenir la texture désirée, après on peut l’utiliser comme on veut.
La texture qu’on obtient est celle d’une mayonnaise très ferme, donc elle est parfaite pour les recettes qui veulent une margarine tendre.
 
Beurre de tofu:
6 cuillères à soupe de tofu soyeux
2,5 cuillères à soupe d’huile de noix du Brésil
facultatif : 1 grosse pincée de curcuma
sel, selon goût
Préparation:
Mixer tous les ingrédients ensemble. Transférer dans une boîte hermétique et conserver au réfrigérateur max. 5 jours.
Vous pouvez jouer sur les huiles afin de varier les parfums. Par exemple, l’huile de noix de Brésil et de noix de macadamia offrent une saveur douce et généreuse, tandis que l’huile de chanvre procure un effet plus vert. Les huiles de noix, de chanvre, de colza, de soja et de lin permettent en outre d’optimiser les apports en omégas 3.
Ce beurre de tofu est réservé aux tartines et autres recettes froides.
 
Pâte à tarte :
• 250g de farine bise
• une pincée de sel
• 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
• un petit verre d’eau
Préparation:
Mélanger le tout et malaxer jusqu’à obtention d’une pâte que l’on peut étaler facilement.
 
Pâte à tartiner noisettes-cacao:
(Pour un gros pot d’environ 500g)
260 g de purée de noisettes bio
230 g de purée d’amandes bio
100 g de sirop d’agave bio ou plus si vous l’aimez assez sucré
50 g (ou ml) d’huile de tournesol bio ou plus si vous l’aimez assez crémeuse
20 g de cacao amer en poudre bio et équitable
Préparation :
Il suffit de mélanger tous les ingrédients. Cette opération peut s’avérer délicate si vos purées d’oléagineux ont « figées ». C’est à dire que l’huile est remontée sur le dessus et les noisettes (ou les amandes) ont formées un amalgame pâteux au fond. Pas de panique, c’est tout à fait utilisable quand même. Il ne faut surtout pas jeter l’huile, mais juste bien remuer.
Pour bien mélanger tous les ingrédients, versez le tout dans un mixeur.
 
 
Quelques produits d’entretiens sans huile de palme:
 
Le vinaigre d’alcool (ou vinaigre blanc) : Il est dégraissant, détartrant, antiseptique, désinfectant, anti-parasite, anti-fongique,… Il coûte moins de 1€ le litre.
 
Le bicarbonate de soude : C’est une poudre fine blanche qui neutralise les odeurs, c’est un abrasif doux, un nettoyant et un adoucisseur d’eau. De 3€ à 9€ le kg, vous en trouverez dans votre magasin de bricolage, en droguerie ou bio.
 
Les huiles essentielles : Les huiles essentielles ont des propriétés désinfectantes, antiseptiques, antibactériennes et antifongiques. Elles sont également désodorisantes, assainissantes.
 
Le savon noir : Il est dégraissant et antidétachant, idéal pour les hottes et les fours. Il nettoie en profondeur, fait briller, nourrit et protège les surfaces. Il coûte environ 5€ le litre et se trouve en droguerie ou épicerie bio.
 
Le sel : Il détache, décape, désodorise, absorbe mais il est aussi antigel et fixateur de couleur.
 
L’huile d’olive : Elle nourrit et fait briller les meubles en bois.
 
Le jus de citron : Il décolore, ravive la pierre et l’émail, désodorise et détartre.
 
 
Vous trouverez d’autres alternatives sur notre page « Fabriquer ses produits » en suivant ce lien: http://www.veganpaysbasque.org/fabriquer-ses-produits/
 
 
Cliquer sur l’image ci-dessous pour télécharger la brochure:

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Liens intéressants sur l’huile de palme:
 
Le site du film Green ou l’on peut le visionner ou télécharger gratuitement:
http://www.greenthefilm.com/?lang=fr
À diffuser un maximum.
 
Le site « Vivre sans huile de palme »:
http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/
 
500 produits contenants de l’huile de palme:
http://fr.openfoodfacts.org/cgi/search.pl?action=process&ingredients_from_or_that_may_be_from_palm_oil=with&sort_by=product_name&page_size=20
 
 
Gardez une chose à l’esprit ; la palme n’est pas responsable de tous les maux écologiques dans les pays touchés par la déforestation. D’autres enjeux sont tout aussi importants, prenez-en conscience petit à petit :
 
-La déforestation due à la consommation de produits d’origine animale
-L’utilisation massive de pesticides pour les produits non bio
-L’utilisation de bois tropicaux pour la réalisation de meubles, etc
-La monoculture en règle générale
-Etc.

 

Luttons contre la destruction et le pillage de notre planète et de sa biodiversité
Pour une libération de la terre, des animaux humains et non humains

 
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