Réaction sur la journée mondiale des animaux

Libération animale, libération humaine

 

Le samedi 18 octobre 2014 se déroulera la journée mondiale des animaux organisée par la ville d’Anglet et le refuge Txakurrak de Bayonne.
 
Comme l’an dernier, où un événement similaire s’est déroulé, nous sommes malheureusement encore bien loin d’un événement éthique et sensibilisant à la libération animale et au véganisme.
 
La journée mondiale des animaux est une journée institutionnelle mise en place pour donner bonne conscience à la société. Son origine, historiquement à caractère religieux laisse pantois :
 
« Les défenseurs des animaux du monde entier célèbrent la Journée mondiale des animaux le 4 octobre, jour de la Saint-François-d’Assise. Le fondateur de l’ordre des Franciscains et Saint Patron des animaux considérait en effet les animaux comme des créations vivantes de Dieu, les élevant au rang de frère de l’homme. Pour Saint-François d’Assise, même un ver de terre répondait à la volonté divine et était digne de protection… »
 
La journée organisée à Anglet reflète bien cette volonté de, soi disant, « améliorer la condition animale », loin de celle de libérer les animaux de l’exploitation animale. Pour exemple, lors de la journée seront présents une association d’apicultrices et d’apiculteurs ainsi que des démonstrations de maîtres-chiens de l’armée, de la police et des pompiers… Cela révèle clairement la vision qu’ont les organisatrices et organisateurs de cette journée.
 
Aucun événement réellement progressiste pour les animaux ne pourrait cautionner l’exploitation animale sous n’importe quelle forme. L’apiculture en est une flagrante: à lire sur l’impact du miel. Nous sommes également stupéfaits de voir mettre en avant dans cet événement une réelle propagande en faveur du dressage canin militaire et policier, une des formes les plus courantes de domination, qui transforme les chiens en un simple outil de travail.
 
Cet événement regroupe également plusieurs associations dont certaines, comme l’an dernier, sont poreuses aux idées d’extrême droite.
 
Que dire des propos d’Antony Blanchard, président de Cause Animale Nord, association présente à cet événement, qui a tenu il y a quelques temps des propos haineux, violemment anti roms (vous pouvez voir la capture facebook ici)
 
Mais aussi du CRAC et de ses appels à la dénonciation et à la remise aux autorités des personnes qui s’opposent au fascisme . Tiré d’un de nos précédents articles:
 
« …le CRAC qui jadis refusait de militer aux côtés de la FBB (c’est d’ailleurs encore sous-entendu dans leurs statuts, voir ici l’article 20 : Statuts du CRAC) et n’hésite pas cette année en plus à manifester à ses côtés, à appeler à la délation et à remettre immédiatement aux forces de l’ordre (voir ici) ceux qu’ils appellent des militant-e-s d’extrême gauche, qui sont en fait simplement des militant-e-s qui luttent pour tous les animaux qu’ils soient humains ou non humains et donc logiquement qui sont opposés à la xénophobie, à l’homophobie, au sexisme, etc… alors qu’il n’y a pas besoin d’être d’extrême gauche pour être contre ces discriminations « 
 
Nous retrouvons à nouveau la Fondation Brigitte Bardot et sa présidente 5 fois condamnée depuis 1997 pour « incitation à la haine raciale ». Lors de l’événement : « Et à l’occasion des 80 ans de Brigitte Bardot, un hommage sera rendu tout au long de la journée par la diffusion du film réalisé par Allain Bougrain-Dubourg : « Fondation Brigitte Bardot, des décennies de combat ».
 
Un culte de la personnalité envers une personne discriminante qui rappelons-le à tenu ce type de propos nauséabonds:
 
«la France musulmane avec une Marianne maghrébine, pourquoi pas au point où on en est ?»*1
-À propos de Marine Le Pen: «Je souhaite qu’elle sauve la France, elle est la Jeanne d’Arc du XXIe siècle» *2
-À propos de l’homosexualité et de la transsexualité : «lopettes de bas étage », «travelos de tous poil»*3

 
La liste est tristement longue. Nous vous invitons à consulter cet article pour plus d’information sur Brigitte Bardot.
 
Sous une volonté de se déclarer apolitique, ce genre d’organisation tolère l’intolérable. Refuser la xénophobie par exemple fait partie de la lutte pour la libération humaine, et n’est pas réservé à tel ou tel parti, mais est bien un devoir pour toute personne s’impliquant dans des luttes progressistes.
 
Rappelons que la lutte pour la libération animale, ainsi que les luttes contre les discriminations et pour l’écologie radicale sont des luttes politiques car nous essayons dans ses circonstances de changer la société. Quand on porte des revendications et qu’on lutte pour une cause, on fait de la politique, cela ne veut pas pour autant dire «faire de la politique politicienne».
 
Beaucoup de personnes sur nos stands d’information expriment la crainte de voir une partie de la protection animale être récupérée par les idées d’extrême droite et de voir de plus en plus de personnes, au nom de la protection des animaux, tenir des propos misanthropes, xénophobes etc. C’est un sujet que nous abordons régulièrement, et cela nous a permis d’expliquer la différence entre le mouvement de libération animale dont nous faisons partie et la protection animale, qui est welfariste*4 et bien souvent poreuse aux idées d’extrême droite. La libération animale, tout comme l’antispécisme sont par principe, une nécessaire convergence des luttes pour la libération totale.
 
C’est pour ces raisons que des groupes luttent aussi bien en Pays Basque nord et sud, ainsi que dans l’État Français pour mettre en avant la libération totale de la Terre, des animaux humains ou non humains de façon positive, sans domination et discrimination.
 
La journée mondiale des animaux n’est définitivement pas la journée de tous les animaux, aussi bien non humains qu’humains. C’est pour cette raison que nous invitons toutes les personnes réellement progressistes n’ayant pas envie de cautionner ces événements ou de telles associations ou organisations (militaires, polices etc.) à ne pas se rendre à ce type événement, et plutôt dans un autre cadre, à soutenir les animaux des refuges en allant aider sur place ou en faisant la promotion de l’adoption.
 

Pour la libération animale et
contre toute forme de discrimination !


 
 
*1 et *2: http://www.liberation.fr/politiques/2014/09/25/brigitte-bardot-une-longue-proximite-avec-le-front-national_1108096
 
*3: http://www.citegay.fr/associations/238826@brigitte-bardot-homophobe-impunie.htm
 
*4: Welfarisme: Le welfarisme cherche à réduire la souffrance des animaux exploités, mais ne remet pas en question leur exploitation.